Ecosse : En tête à l'issue des élections, les indépendantistes font pression pour un nouveau référendum

ELECTIONS Alors que les résultats des élections placent son parti en tête, la leader du SNP, Nicola Sturgeon, s’est exprimée en faveur d’un nouveau référendum

20 Minutes avec AFP

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La Première ministre écossaise, Nicola Sturgeon, le 8 mai 2021
La Première ministre écossaise, Nicola Sturgeon, le 8 mai 2021 — Stuart Wallace//SIPA

Les indépendantistes écossais du SNP (Scottish National Party) sont arrivés en tête des élections pour le Parlement local en remportant 64 sièges, juste sous la majorité absolue de 65 sièges, leur permettant de remporter un quatrième mandat à la tête de cette nation britannique. Selon les résultats rendus publics ce samedi, les Verts, également en faveur d’une séparation du Royaume-Uni, remportent huit sièges, permettant la formation d’une majorité en faveur de l’indépendance.

Selon le SNP, ce résultat forcera Londres à accepter le nouveau référendum d’autodétermination rejeté par Boris Johnson. « Il semble qu’il n’y ait aucun doute qu’il y aura une majorité pro-indépendance dans ce parlement écossais », s’était félicitée plus tôt dans la journée Nicola Sturgeon sur la chaîne de télévision Sky News. S’adressant ensuite à ses partisans, elle avait assuré qu’il n’y avait « tout simplement aucune justification démocratique pour Boris Johnson, ou pour quiconque, à chercher à bloquer le droit du peuple écossais de choisir son propre avenir ».

Le Brexit a changé la donne

« C’est la volonté de ce pays », avait-elle martelé, avertissant que toute tentative des conservateurs de bloquer l’organisation d’un nouveau vote les placerait « en opposition directe avec la volonté du peuple écossais et démontrerait que le Royaume-Uni n’est pas un partenariat entre égaux ».

Boris Johnson, qui a le dernier mot pour autoriser ou non ce référendum, s’y oppose fermement, estimant qu’une telle consultation ne peut se produire « qu’une fois par génération ». Au référendum de 2014, 55 % des électeurs avaient rejeté l’indépendance. « Un référendum dans le contexte actuel est irresponsable et imprudent », a répété le Premier ministre britannique au quotidien the Telegraph.

Le SNP estime cependant que le Brexit a changé la donne, les Ecossais ayant voté à 62 % pour rester dans l’Union européenne.

Bilan mitigé pour le Labour, positif pour les conservateurs

Dans le reste du Royaume-Uni, les élections de jeudi, le premier scrutin depuis la victoire écrasante des conservateurs aux législatives de 2019 et depuis le Brexit, constituaient un test pour le gouvernement de Boris Johnson et pour l’opposition qui cherche à se reconstruire.

En Angleterre, les résultats sont positifs pour les conservateurs au pouvoir, qui ont gagné du terrain dans les régions désindustrialisées et acquises au Brexit du nord et même conquis le bastion travailliste d’Hartlepool qui avait toujours voté Labour en près de 50 ans.

Le Parti travailliste est en pleine introspection après la défaite cinglante d’Hartlepool qui a laissé le chef du parti Keir Starmer « amèrement déçu ». Appelé à une remise en question, il a promis qu’il ferait « tout ce qui est possible » pour regagner la confiance des électeurs, sans annoncer de mesures précises.

Le Labour peut toutefois se targuer de très bons résultats au Pays de Galles où le parti travailliste gallois obtient 30 des 60 sièges du parlement local, contre 16 pour les conservateurs, ce qui lui permet de se maintenir au pouvoir. Dans le nord de l’Angleterre, la travailliste Joanne Anderson, 47 ans, est la première femme noire élue à la mairie de Liverpool. Le Labour a aussi enregistré des victoires électorales importantes dans le Grand Manchester et dans la région de Liverpool.

A Londres, le travailliste Sadiq Khan, devenu en 2016 le premier maire musulman d’une grande capitale occidentale, est donné favori pour un deuxième mandat face à son principal adversaire, le conservateur Shaun Bailey, mais les résultats attendus samedi soir s’annoncent plus serrés que prévu.