Comment Donald Trump tire les ficelles de la guerre civile chez les républicains

« HOUSE OF CARDS » L'ancien président américain s'active pour purger le parti républicain de ses infidèles, en commençant par la numéro 3 du parti, Liz Cheney

P.B. avec AFP

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La républicaine Liz Cheney (en fuchsia) aux côtés de Donald Trump en 2017.
La républicaine Liz Cheney (en fuchsia) aux côtés de Donald Trump en 2017. — Andrew Harnik/AP/SIPA
  • L’influence de Donald Trump ne faiblit pas au sein du parti républicain et il s’active pour obtenir la tête des frondeurs, qui avait entre autres voté en faveur de son impeachment.
  • L’ex président des Etats-Unis vise la numéro 3 des conservateurs, Liz Cheney, dont les les jours à la Chambre semblent désormais comptés.
  • Liz Cheney refuse de rendre les armes sans se battre, mais il n’y a guère que le frondeur Mitt Romney pour saluer le « courage » de celle qui « refuse de mentir ».

Donald Trump est peut-être toujours privé de ses comptes Facebook et Twitter, mais son influence ne faiblit pas au sein du parti républicain. L’ancien président fait activement campagne pour obtenir la tête de la numéro 3 des conservateurs, Liz Cheney, qui avait voté en faveur de son impeachment à la Chambre. Et les jours de la fille de Dick Cheney semblent comptés, avec un vote probable pour la démettre de ses fonctions de présidente du groupe des républicains à la Chambre la semaine prochaine.

Depuis des semaines, Donald Trump multiplie les communiqués de presse assassins. « Liz Cheney est une imbécile va-t-en-guerre qui n’a rien à faire dans la hiérarchie du parti républicain », a écrit le pensionnaire de Mar-a-Lago. Qui a appelé ses troupes à voter pour la jeune représentante de New York Elise Stefanik, une trumpienne fidèle qui avait soutenu la fronde contre la validation des résultats après l’attaque du Capitole.

Test de loyauté

Les élus républicains n’ont pas vraiment le choix. Alors que Donald Trump reste la figure la plus populaire chez les électeurs, tous ceux qui ne sont pas avec lui sont contre lui. Les chefs républicains de la Chambre, Kevin McCarthy, numéro un, et Steve Scalise, numéro deux, ont déjà affirmé cette semaine que Liz Cheney ne disposait plus du soutien du groupe parlementaire et qu’un vote devrait intervenir mardi ou mercredi prochain.

Pourtant, les relations de Trump-McCarthy sont complexes. En pleine attaque du Capitole, Kevin McCarthy aurait, selon CNN, supplié Donald Trump de rappeler ses supporteurs. Il serait allé jusqu’à crier « Mais à qui crois-tu que tu parles, putain », alors que le président sous-entendait que les manifestants en faisaient davantage que lui pour défendre l’élection. Mais depuis, McCarthy a pris sur lui, notamment en se rendant à Mar-a-Lago en janvier afin de planifier la stratégie des républicains pour reprendre le contrôle de la Chambre en 2022 avec l’aide de Donald Trump. Cette semaine, c’est Ted Cruz qui est venu en Floride embrasser la bague de son ancien ennemi juré.

« L’Histoire nous jugera »

Liz Cheney, elle, refuse de rendre les armes sans se battre. « Nous républicains devons décider si nous allons choisir la vérité » ou « rejoindre la croisade de Trump pour délégitimer le résultat » de la présidentielle. « L’Histoire nous jugera », a-t-elle écrit mercredi dans le Washington Post. Il n’y a guère que le frondeur Mitt Romney, lui-même hué – au plus grand plaisir de Donald Trump – par des électeurs républicains dans l’Utah pour saluer le « courage » de celle qui « refuse de mentir ».

Pour Donald Trump, le véritable test aura lieu lors des Midterms de novembre 2022. Ces dernières sont traditionnellement difficiles pour le parti au pouvoir, et si les républicains parviennent à redevenir majoritaires avec son aide, il sera plus que jamais le grand favori pour remporter l’investiture républicaine en 2024. En attendant, alors que la saison humide commence en Floride, Donald Trump a fait ses valises pour son club de golf du New Jersey. Histoire de se rapprocher un peu de Washington.