Non, Rudy Giuliani, ancien maire de New York, n’a pas confirmé l’existence d’un réseau pédophile à Washington

FAKE OFF Le compte Twitter qui a partagé ce faux texte usurpait l’identité du fidèle conseiller et ex-avocat de Donald Trump

Tom Hollmann

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Rudy Giuliani, ancien maire de New York, en octobre 2020 (Illustration)
Rudy Giuliani, ancien maire de New York, en octobre 2020 (Illustration) — Jacqueline Larma/AP/SIPA
  • Une lectrice de 20 Minutes a demandé à la rubrique Fake Off de vérifier la véracité d’un communiqué attribué à l’ancien maire de New York Rudy Giuliani, dans lequel il dénoncerait l’existence d’un gigantesque réseau pédophile.
  • « Le réseau pédophile de Washington D.C. est le plus grand du monde », peut-on notamment lire dans ce texte, publié à la fin du mois d’avril par des sites conspirationnistes et survivalistes.
  • Ce communiqué est en réalité un faux publié dès l’année 2016 par un compte Twitter qui usurpait l’identité de Rudy Giuliani.

L’ancien maire de New York et ex-avocat de Donald Trump, Rudy Giuliani, est connu pour ses prises de paroles sulfureuses. Mais celle-ci dépasserait l’entendement. D’après un communiqué soi-disant officiel qui lui est attribué, « le réseau pédophile de Washington D.C. est le plus grand du monde, et Londres arrive probablement en deuxième position ».

Ce texte, qui circule activement sur WhatsApp, a été publié le 29 avril par deux sites complotistes et survivalistes, Paroles de Dieu et L’échelle de Jacob. Il y est écrit que le scandale du « PizzaGate » – une théorie complotiste selon laquelle une pizzeria de Washington D.C. est au centre d’un énorme réseau pédophile – serait une réalité et que l’Etat américain, comme les médias, seraient complices de ces exactions.

Rudy Giuliani lui-même en connaîtrait l’existence depuis longtemps : « Bien que je n’aie jamais participé à ces actes atroces, je connais des gens qui l’ont fait et […] qui ont échappé aux poursuites judiciaires. Je n’ai pas le temps d’expliquer pourquoi je me suis tu si longtemps, mais je dirais que je ne serais jamais devenu maire de New York si je n’avais pas joué le jeu… »

Une lectrice de 20 Minutes, qui a reçu par message des liens renvoyant vers ce communiqué, a demandé à la rubrique Fake Off de vérifier sa véracité.

FAKE OFF

Le blog L’échelle de Jacob, sur lequel a été publié le texte dans une version française, précise que « Rudolph Giuliani a été censuré sur Twitter et son compte suspendu. » Pour sourcer le texte, le site renvoie vers une page Twitter datant de décembre 2016 et sauvegardée sur le site archive.is.

Le compte qui apparaît sur la page a été créé en avril 2016, et se nomme@RudolphGiuliani. Il arbore une photo de l’ancien avocat de Donald Trump et affirme en biographie qu’il est « le compte officiel de Rudy Giuliani – avocat, businessman, ancien homme politique, et orateur de New York. » En réalité, ce compte a été créé par une personne usurpant l’identité de Rudy Giuliani sur Twitter.

Sur sa page, il multiplie les allusions à des complots pédophiles et au PizzaGate. Le 20 décembre 2016, le compte publie le fameux « communiqué officiel » dans sa version anglaise, avant d’être suspendu par Twitter.

La page Twitter du 20 décembre 2016 de @RudolphGiuliani sauvegardée sur archive.is -- Capture d'écran
La page Twitter du 20 décembre 2016 de @RudolphGiuliani sauvegardée sur archive.is -- Capture d'écran - T.H.

Le média de vérification de l’information américain Snopes a consacré un article à ce communiqué en décembre 2016. Il y explique que Rudy Giuliani ne disposait alors pas d’un compte Twitter, ce qui l’avait déjà mis dans l’embarras à plusieurs reprises.  « Il y a au moins quatre comptes qui se font passer pour moi », avait expliqué l’avocat à NBC, après la publication d’un autre faux tweet.

Aujourd’hui, Giuliani dispose bien d’un compte Twitter officiel certifié, dont le pseudo est @RudyGiuliani. Ce dernier a été créé en août 2016, avant la publication de l’article de Snopes. Ce qui sous-entend que l’ancien maire de New York et ses équipes de communication ont récupéré l’un des quatre comptes qui usurpaient son identité auparavant.