Coronavirus : La Russie homologue le Spoutnik Light, son vaccin en une seule dose

VACCINATION Il s’agit d’une homologation d’une version « légère » du vaccin russe contre le coronavirus Spoutnik V

20 Minutes avec AFP

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Illustration du candidat vaccin russe Spoutnik V.
Illustration du candidat vaccin russe Spoutnik V. — RDIF/Cover-Images.com/SIPA

La Russie a annoncé, ce jeudi, l’homologation d’une version « light » (« légère ») de son vaccin phare contre le coronavirus, le Spoutnik V, qui s’administre en une seule dose contre deux pour sa version initiale.

Cette homologation a été annoncée parallèlement par les concepteurs du vaccin et par la vice-Première ministre russe chargée de la santé, Tatiana Golikova, pendant une réunion avec le président Vladimir Poutine, retransmise à la télévision.

Un coût inférieur à 10 dollars

Selon le Fonds russe des investissements directs (RDIF), qui finance le développement du vaccin, le Spoutnik Light affiche une efficacité de 79,4 %, contre 91,6% pour sa version en deux doses. « Le vaccin Spoutnik Light est fondé sur une plateforme de vecteur adénoviral humain bien étudiée et qui s’est avérée sûre et efficace », a poursuivi le RDIF dans un communiqué, ajoutant que le coût de cette version de l’injection sera « globalement inférieur à 10 dollars ».

Selon Alexandre Guintsbourg, le directeur du centre de recherches moscovite Gamaleïa à l’origine du vaccin russe, le Spoutnik Light permettra « une immunisation plus rapide de groupes de populations plus importants, ainsi que de soutenir des niveaux d’immunité élevés chez ceux qui ont déjà été contaminés ». Le directeur du RDIF, Kirill Dmitriev, également cité dans le communiqué, estime que cette version « réduit considérablement la probabilité de cas graves conduisant à une hospitalisation ».

Une version exportée

Selon lui, le Spoutnik V à deux doses « restera la principale source de vaccination en Russie, tandis que le Spoutnik Light sera exporté ». La Russie se targue d’avoir été le premier pays à homologuer un vaccin contre le coronavirus, dès août 2020, une annonce qui avait alors été jugée à l’étranger prématurée, avant même le début des essais cliniques de masse (phase III) et la publication de résultats scientifiques. En février, la prestigieuse revue médicale The Lancet a relevé que le Spoutnik V était efficace à 91,6 %, dissipant les doutes quant à sa fiabilité.

Faute de pouvoir en produire suffisamment et souhaitant consacrer en priorité sa production à sa population, la Russie n’en a cependant livré jusqu’à présent que des quantités réduites hors de son territoire. Fin avril, le régulateur brésilien Anvisa a refusé d’homologuer le vaccin russe, assurant qu’il était porteur d’une version active d’un virus commun provoquant des rhumes en raison d’une anomalie de fabrication. Les concepteurs du Spoutnik V ont dénoncé en retour un refus de nature « politique » et menacé de poursuites en justice pour diffamation. Selon le centre Gamaleïa, plus de 20 millions de personnes dans le monde ont reçu la première dose du Spoutnik V.