Coronavirus au Brésil : Un ex-ministre dit avoir alerté Bolsonaro sur les « conséquences gravissimes » de sa posture

COVID-19 Luiz Henrique Mandetta a été limogé fin mars 2020, au début d'épidémie, car il défendait la distanciation physique pour lutter contre le Covid-19

20 Minutes avec agences

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Le président du Brésil Jair Bolsonaro a lui même été atteint du Covid-19
Le président du Brésil Jair Bolsonaro a lui même été atteint du Covid-19 — Eraldo Peres/AP/SIPA

C’est un témoignage accablant pour Jair Bolsonaro. Un ex-ministre brésilien de la Santé a assuré mardi avoir prévenu « expressément » le président des « conséquences gravissimes » de son déni face à la pandémie de coronavirus, qui a fait près de 410 000 morts dans le pays.

« Nous avons recommandé expressément au président de changer de posture, en alertant que cela pourrait entraîner une saturation du système de santé », a déclaré Luiz Henrique Mandetta, un orthopédiste de 56 ans, face à une commission d’enquête du Sénat qui doit établir les responsabilités du gouvernement Bolsonaro dans la crise sanitaire.

Limogé car il défendait la distanciation

L’ancien ministre a été limogé fin mars 2020, au début de la pandémie, car il défendait la distanciation physique pour tenter d’endiguer les contaminations, une idée totalement rejetée par le chef de l’Etat.

« Le Brésil aurait pu mieux faire. On aurait pu commencer à vacciner dès novembre », a insisté l’ancien ministre, pressenti comme un futur présidentiable pour l’élection de 2022, lors de laquelle Jair Bolsonaro devrait briguer un second mandat.

Le Brésil en retard dans la vaccination

Le dirigeant d’extrême droite a critiqué à de nombreuses reprises les vaccins, ironisant sur les effets secondaires qui pourraient « transformer en crocodile » les Brésiliens. Le gouvernement est aussi accusé d’avoir refusé plusieurs offres de laboratoires, notamment de 70 millions de doses proposées par Pfizer dès le mois d’août 2020.

La vaccination patine actuellement au Brésil, en raison du manque de doses, et la première livraison du vaccin de Pfizer n’a eu lieu que la semaine dernière, le contrat de commande ayant été signé seulement en mars.