Sri Lanka: les combats font 2 morts et 44 blessés

COLOMBO Le conflit ethnique entre l'armée et les rebelles tamouls s'intensifie...

NB avec agence

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Le gouvernement du Sri Lanka a rejeté jeudi toute négociation avec les Tigres tamouls sur les conditions de leur reddition, comme l'avaient plaidé mardi les Etats-Unis et l'Union européenne.
Le gouvernement du Sri Lanka a rejeté jeudi toute négociation avec les Tigres tamouls sur les conditions de leur reddition, comme l'avaient plaidé mardi les Etats-Unis et l'Union européenne. — Ho AFP

Plusieurs sources militaires et médicales ont annoncé que deux avions des rebelles tamouls ont mené un raid ce vendredi soir sur Colombo, et l'un d'eux a largué une bombe sur le bâtiment principal du Trésor public, faisant au moins 2 morts et 44 blessés parmi la population civile, selon un bilan encore provisoire.

Selon un porte-parole de l'armée de l'air, Janaka Nanayakkara, l'un des deux avions des Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE) a été abattu près de l'aéroport de la capitale sri-lankaise. L'aéroport de Colombo, seul aéroport international du pays, a été fermé à la suite de ce raid aérien. Les vols ont été détournés sur des aéroports de l'Inde voisine.

L'UE prépare une résolution

La situation au Sri Lanka préoccupe la communauté internationale. A l'occasion d'une réunion des ministres des Affaires étrangères prévue lundi à Bruxelles, les pays européens devraient officiellement appeler les autorités du Sri Lanka et les rebelles tamouls à cesser les hostilités et à mettre fin aux exactions contre les civils. Les Européens appellent à «un cessez-le-feu immédiat» et demandent «un plein accès aux zones interdites», afin de «permettre l'acheminement de l'aide humanitaire et l'évacuation des civils hors des zones de combats».

La résolution soumise aux ministres ne prévoit toutefois aucun moyen de pression pour contraindre les autorités du Sri Lanka et les combattants tamouls à donner suite aux appels de l'UE.

Guerre ethnique entre bouddhistes et hindouistes


Les troupes sri-lankaises mènent depuis plusieurs semaines une offensive décisive pour «libérer» entièrement l'ex-Ceylan, ancienne colonie britannique meurtrie par 37 années de conflit entre la majorité cinghalaise bouddhiste et la minorité tamoule hindouiste.

Selon les organisations d'aide humanitaire présentes sur place, l'offensive se concentre désormais sur un dernier carré de guérilleros du LTTE acculés sur 100 km2 de jungle dans le nord-est de l'île, où des dizaines de milliers de civils sont pris au piège des combats.

Renvoyant les deux camps dos à dos, l'ONU et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) estiment que plus de 200.000 habitants tamouls seraient pris entre deux feux et que «des centaines» de personnes, dont des enfants, auraient été tués depuis le 1er janvier.


 Des milliers de Tamouls manifestent devant l'ONU à Genève
Environ 14.000 Tamouls ont manifesté vendredi devant le siège européen de l'ONU à Genève pour demander l'arrêt des combats contre les indépendantistes au nord du Sri Lanka. Des banderoles dénonçaient «30 ans de terrorisme d'Etat contre les Tamouls» et réclamaient l'autonomie de la région tamoule hindouiste. D'autres demandaient pourquoi l'ONU «n'a pas mis fin au génocide».