Une carte interactive pour localiser les langues en danger

PATRIMOINE Un atlas numérique, édité par l'Unesco, recense 2.500 dialectes menacés de disparition dans le monde. Il pourra être complété par les contributions des internautes…

A G. (avec agence)

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En Russie, 136 langues sont considérées comme vulnérables, en danger ou en situation critique selon l'atlas interactif de l'Unesco.
En Russie, 136 langues sont considérées comme vulnérables, en danger ou en situation critique selon l'atlas interactif de l'Unesco. — Unesco

Le silanka, dakkang, rushani ou encore oyrat: environ 2.500 des quelque 6.500 langues parlées dans le monde sont menacées de disparition. Un constat auquel est parvenue une équipe de 25 linguistes dirigée par l'Australien Christopher Moseley et œuvrant pour l’Unesco. Le résultat des recherches, un atlas en ligne sur les langues en péril, a été présenté à Paris jeudi.



Accessible gratuitement dans le monde entier, l'atlas, qui se présente comme un outil interactif, propose des données sur plus de 2.500 langues. Il sera actualisé de façon continue et permettra à l'utilisateur de produire ses propres cartes, à partir d'un pays ou d'une région, ou de faire des recherches par catégorie de langues: mortes, moribondes, sérieusement en danger, en danger, en situation précaire.

26 langues en danger en France



Dans le détail, on dénombre 607 langues légèrement en danger, 632 en danger, 502 en grand danger, 538 en moribondes et 200 langues qui ont disparu sur les trois dernières générations. Enfin, 199 langues moribondes ne sont plus parlées que par des groupes de 10 personnes. Par exemple, l'an dernier, l'eyak a disparu, avec la mort de la dernière personne qui parlait cette langue en Alaska.

En France 26 dialectes sont en grand danger, tels que le breton, le corse, l'occitan voisinent, le franco-provençal ou encore le picard.

Pas de facteurs géographiques ou économiques



L’Unesco (organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture) estime qu'une langue est en danger «lorsque ses locuteurs cessent de l'utiliser, réservent son usage à des domaines de plus en plus restreints, emploient un moins grand nombre de registres et arrêtent de la transmettre à la génération suivante».

Les langues «sont menacées par des forces externes telles qu'une domination militaire, économique, religieuse, culturelle ou éducative, ou par des forces internes comme l'attitude négative d'une population à l'égard de sa propre langue», précise l’organisation.

Ce phénomène «se manifeste dans toutes les régions et dans des conditions économiques très variables». L’atlas constate par ailleurs que l’Inde, les Etats-Unis, le Brésil, l’Indonésie et le Mexique, des pays ayant une grande diversité linguistique, sont aussi ceux qui comptent le plus de langues en danger. Lucia Iglesias, de l’Unesco, prévient toutefois, à 20minutes.fr: «Dans le même temps, des langues apparaissent. D’autres sautent plusieurs générations et sont réappropriées par les descendants des personnes qui les parlaient.»