«Bibi» Netanyahu, l'enfant terrible d'Israël

PORTRAIT Le leader du Likoud, qui redevient chef du gouvernement dix ans après avoir quitté le poste, est connu pour ses positions intransigeantes vis-à-vis du voisin palestinien.

Avec agence

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Le faucon Benjamin Netanyahu était mercredi le mieux placé pour mobiliser une majorité, bien que le parti de sa rivale centriste Tzipi Livni ait décroché de justesse la première place aux législatives en Israël.
Le faucon Benjamin Netanyahu était mercredi le mieux placé pour mobiliser une majorité, bien que le parti de sa rivale centriste Tzipi Livni ait décroché de justesse la première place aux législatives en Israël. — Leon Neal AFP

Benjamin Netanyahu, chargé ce vendredi de former le gouvernement israélien issu des élections du 10 février, est un faucon hostile à toute concession substantielle aux Palestiniens, mais il a su, au fil des années, mettre de l'eau dans son vin et faire preuve de pragmatisme sous la pression.

Ultralibéral convaincu, malgré la crise, Benjamin Netanyahu, âgé de 59 ans, incarne le retour au pouvoir de la droite dure, hostile à la création d'un Etat palestinien réellement indépendant et partisane d’une annexion des territoires palestiniens occupés par Israël depuis 1967.

Ascension météorique

Lorsqu’il est nommé en 1996, «Bibi» devient le plus jeune des chefs de gouvernement israélien, et le premier à être né après la création du pays, en 1948. Ce qui lui vaut une réputation d’«enfant terrible» de la droite nationaliste.

Débatteur habile, il a d'abord fait carrière dans la diplomatie, avant d'être élu au Parlement en 1988. Son ascension a ensuite été fulgurante, puisqu'il est devenu peu après vice-ministre des Affaires étrangères, puis, en 1992, chef du Likoud et leader de l'opposition.

Pur produit de l'élite ashkénaze qui a fondé Israël, il a passé sa jeunesse aux Etats-Unis, d'où son anglais parfait et son aisance avec les médias.

Il a pris sa revanche sur Kadima


Benjamin Netanyahu, «l'illusionniste», comme l'appelaient ses détracteurs au début de sa carrière, a effacé le souvenir de la cuisante défaite de son parti, aux législatives de 2006 face au Kadima d'Ehud Olmert (centre-droit). Cette fois-ci, le parti de droite a remporté 27 sièges, contre 12 seulement dans la législature précédente. De quoi réellement remettre à flot une formation jusque-là en déconfiture.

Pourtant, si le cheveu a blanchi et les traits se sont légèrement alourdis, rien chez «Bibi» n'a changé sur le fond, si ce n'est son discours, qui se veut plus modéré.

Rejet d'un Etat palestinien

Farouche opposant aux accords israélo-palestiniens d'Oslo (1993), il a été contraint de céder aux pressions américaines en concluant deux accords avec Yasser Arafat, chef de l'OLP, lorsqu'il était Premier ministre (1996-1999).

Dix ans après avoir perdu son poste, il rejette encore un retrait de la Cisjordanie, une partition de Jérusalem et un Etat palestinien jouissant des attributs de la souveraineté.

Il a promis de faire tomber le Hamas à Gaza

Mais le thème cher à la droite du «Grand Israël» et de la colonisation en Cisjordanie, source potentielle de tensions avec la nouvelle administration de Barack Obama, est relativement mis en sourdine.

La récente guerre à Gaza contre les islamistes palestiniens du Hamas et la reprise des tirs de roquettes palestiniennes lui a permis d'exploiter lors de la campagne électorale un sentiment de «travail inachevé» qui grandit au sein de l'opinion.

«Bibi» a ainsi promis de «faire tomber le pouvoir du Hamas à Gaza».

La crise économique? Un détail

Apparemment peu ébranlé par la crise économique mondiale, il continue de prôner une politique ultralibérale accompagnée d'une réduction massive des impôts.

Mais il devra batailler dur pour atténuer au sein des couches populaires, réservoir traditionnel du Likoud, les effets des coupes claires dans les budgets sociaux réalisées lorsqu'il était ministre des Finances (2003-2005).