Afrique du Sud : L’élevage de lions en captivité pour la chasse va être interdit

LÉGISLATION « Nous devons cesser et faire marche arrière sur la domestication et l’élevage en captivité des lions », a indiqué la ministre sud-africaine de l’Environnement Barbara Creecy

20 Minutes avec agences

— 

Un lion dans le Parc national Queen Elizabeth en Ouganda.
Un lion dans le Parc national Queen Elizabeth en Ouganda. — CATERS/SIPA

L’Afrique du Sud a annoncé ce dimanche son intention d’interdire l’élevage de lions en captivité, que ce soit aux fins de chasse ou pour permettre aux touristes de caresser des lionceaux, afin de promouvoir une image plus « authentique » du pays. Cette décision a été prise conformément aux recommandations d’une commission chargée par le gouvernement de se pencher sur les règles encadrant la chasse, le commerce et la captivité des lions, éléphants, rhinocéros et léopards.

La commission dit que « nous devons cesser et faire marche arrière sur la domestication et l’élevage en captivité des lions », a indiqué la ministre sud-africaine de l’Environnement Barbara Creecy lors d’une conférence de presse. « Nous ne voulons plus d’élevage en captivité, de chasse (d’animaux élevés) en captivité, de câlinerie (de lionceaux) en captivité, d’utilisation de lions en captivité », a poursuivi la ministre, précisant que la commission demandait que la mesure soit « prise immédiatement pour faire cesser les interactions entre les touristes et les lions en captivité ».

Sujet controversé dans le pays

La décision, qui doit encore être traduite dans une loi, va probablement susciter l’opposition du très lucratif secteur de l’élevage des lions. En Afrique du Sud, de 8.000 à 12.000 lions sont élevés dans quelque 350 fermes pour la chasse en enclos, le commerce des os, le tourisme ou les recherches scientifiques, selon les estimations d’associations. Quelque 3.500 lions seulement vivent à l’état sauvage dans le pays, selon l’ONG Endangered Wildlife Trust, basée en Afrique du Sud.

La chasse de lions élevés en captivité est depuis longtemps un sujet controversé en Afrique du Sud et des campagnes pour interdire l’importation des trophées de lions élevés en captivité ont recueilli ces dernières années un soutien croissant aux États-Unis, en Australie et dans plusieurs pays d’Europe.

Le braconnage décime l’espèce

L’ONG international World Animal Protection a salué une décision « courageuse ». « C’est une victoire pour la faune sauvage » , qui va permettre que « les lions restent dans le milieu auquel ils appartiennent : la nature », a estimé la chargée de campagne Afrique de l’ONG.

La commission a également recommandé la suppression progressive de l’élevage en captivité des rhinocéros, et d’étudier les options sur la future utilisation des stocks de cornes de rhinocéros, dont le commerce fait l’objet d’un moratoire depuis 1977. La corne de rhinocéros est prisée en Asie pour ses prétendues vertus thérapeutiques, et le braconnage décime l’espèce. L’Afrique du Sud abrite environ 80 % de la population mondiale des rhinocéros et plus de 300 éleveurs de rhinocéros.

Vice-président de l’Association des chasseurs professionnels d’Afrique du Sud et membre d’une association des propriétaires de rhinocéros, Barry York a estimé que ces recommandations n’aideraient pas à sauver les animaux, mais « mènent à la destruction et l’éradication de nos espèces », à leur « extinction ».