Qui es-tu, Sir Allen Stanford?

PORTRAIT Le magnat financier soupçonné d'une fraude à plus de 8 milliards de dollars aime les îles tropicales, le cricket, les puissants et l'argent...

Philippe Berry, avec AFP

— 

Texan billionaire Allen Stanford is shown during an interview with Reuters in Miami in this May 1, 2008 file photograph. Financial services firm Stanford Financial Group, known for its steady returns and bold style, has long stirred concern among rivals, who say they are not surprised to hear regulators have taken a closer look. Headquartered in Houston, the firm traces its roots to the Great Depression when Lodis Stanford began selling real estate and insurance services. Seventy-seven years later, his grandson Allen Stanford oversees roughly $50 billion in assets spread across bank, wealth management and brokerage units.    REUTERS/Joe Skipper   (UNITED STATES)
Texan billionaire Allen Stanford is shown during an interview with Reuters in Miami in this May 1, 2008 file photograph. Financial services firm Stanford Financial Group, known for its steady returns and bold style, has long stirred concern among rivals, who say they are not surprised to hear regulators have taken a closer look. Headquartered in Houston, the firm traces its roots to the Great Depression when Lodis Stanford began selling real estate and insurance services. Seventy-seven years later, his grandson Allen Stanford oversees roughly $50 billion in assets spread across bank, wealth management and brokerage units.    REUTERS/Joe Skipper   (UNITED STATES) — REUTERS/Joe Skipper
Non, malgré la même moustache, Sir Allen Stanford n’est pas le petit frère caché du Monthy Python John Cleese.
 

Soupçonné d’être au centre d'une fraude à 8 milliards de dollars, le milliardaire texan (de 3e génération) est né en 1950 dans la petite ville pétrolière de Mexia, au sud de Dallas. Allen Stanford a repris la société financière familiale fondée en 1932 en pleine Dépression. Il l’a rapidement développée à l’international, en se réclamant des bons principes de son grand-père Lodis: «travail dur, vision claire, valeur pour les clients».
 

Aujourd'hui, le Stanford Financial Group, maison mère d'une nébuleuse de plusieurs sociétés, revendique des clients dans 140 pays avec 50 milliards d'actifs sous gestion.
 

Anobli en présence du prince Edward

Il y a une dizaine d'années, il a pris la nationalité du paradis fiscal antillais d'Antigua et Barbuda, où il obtenu son anoblissement en 2006 en présence du prince Edward, le troisième fils de la reine d'Angleterre –l’île fait partie du Commonwealth. Depuis lors, il ne se fait plus appeler que «Sir Allen».
 

Ce résident de St. Croix, dans les Iles Vierges américaines, multiplie les engagements philanthropiques qui lui assurent diverses distinctions honorifiques.
 

Le Stanford Group parraine aussi de nombreux événements sportifs aux Antilles, dont un championnat de Polo et des régates à Antigua, et est à l'origine d'un tournoi de cricket très coté organisé aux Antilles, lancé en 2005. Il parraine également la ligue anglaise de cricket (qui vient de mettre un terme aux pourparlers pour un renouvellement du parrainage) et on l’a vu à plusieurs reprises en compagnie du Prince Charles, de Tiger Woods ou de Michael Owen.
 

Il drague Washington

Derrière la façade, une autre réalité se révèle peu à peu. Ce diplômé de la modeste université texane de Baylor est notamment sous le coup de poursuites intentées en septembre par la prestigieuse université de Stanford alors qu'il a revendiqué une parenté avec son fondateur.
 

Pour courtiser les puissants, il a donné plus de 2 millions de dollars au total, personnellement ou via sa société, au parti démocrate surtout, mais aussi au républicain. De Barack Obama à John McCain, en passant par Nancy Pelosi, tous ont depuis mercredi annoncé que les sommes perçues allaient être reversées à des organisations caritatives.
 

Une question brûle cependant de nombreuses lèvres: a-t-il bénéficié d’un traitement de faveur du gendarme de la Bourse grâce à ses amitiés cultivées à coup de chèques.