Royaume-Uni : La rénovation de l'appartement de Boris Johnson visée par une enquête

FRAUDE Le scandale concerne la rénovation de l’appartement que Boris Johnson occupe au 11 Downing Street avec sa fiancée Carrie Symonds et leur bébé

20 Minutes avec AFP
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Boris Johnson est le premier ministre britannique depuis l'été 2019.
Boris Johnson est le premier ministre britannique depuis l'été 2019. — Kirsty Wigglesworth/AP/SIPA

Une enquête a été ouverte, ce mercredi, sur le financement de l’appartement de Downing Street qu’occupe le Premier ministre, Boris Johnson, déjà sous un feu croissant d’attaques sur son intégrité.

Les révélations se succèdent concernant les liens très proches du pouvoir conservateur et des intérêts privés, dans un contexte de règlement de comptes entre le chef du gouvernement et son ancien redoutable conseiller Dominic Cummings.

« J’ai payé personnellement la rénovation de Downing Street »

L’une de ces scandales concerne la rénovation de l’appartement que Boris Johnson occupe au 11 Downing Street avec sa fiancée Carrie Symonds et leur bébé, pour une somme atteignant 200.000 livres (230.000 euros) selon des médias, soit bien plus que les 30.000 livres couverts par les fonds publics. « Nous sommes maintenant convaincus qu’il existe des motifs raisonnables de soupçonner qu’une ou plusieurs infractions ont pu se produire. Nous allons donc poursuivre ce travail sous forme d’enquête formelle pour déterminer si tel est le cas », a annoncé la Commission électorale après évaluation des informations qui lui ont été fournies depuis le mois dernier par le Parti conservateur.

« J’ai payé personnellement la rénovation de Downing Street », s’est défendu le Premier ministre lors d’une passe d’armes houleuse avec le leader de l’opposition travailliste, Keir Starmer. « Je me suis conformé entièrement au code de conduite et au code ministériel », a-t-il assuré. Le dirigeant conservateur a cependant évité de dire s’il avait ou non bénéficié d’un prêt ou don initial qu’il avait ensuite remboursé pour financer cette coûteuse rénovation, comme l’affirment des médias. « Les Britanniques méritent un Premier ministre à qui ils peuvent faire confiance et un gouvernement qui n’est pas embourbé dans l’immoralité, le favoritisme et le scandale », a martelé Keir Starmer.

Embarras avant les élections

Boris Johnson est embourbé dans une série d’accusations, formulées notamment par son ancien bras droit et cerveau de la campagne victorieuse du Brexit en 2016, Dominic Cummings. Ce dernier a étrillé le dirigeant conservateur et mis en cause son intégrité dans un long billet publié sur son blog vendredi. Il l’avait notamment accusé d’avoir cherché à faire financer les travaux de son appartement « en secret » par des dons privés ce qui pourrait se révéler illégal.

A quelques jours des élections locales du 6 mai, ces attaques sont particulièrement malvenues pour Boris Johnson, déjà mis en cause dans un scandale de lobbying éclaboussant certains membres de son gouvernement. Il a annoncé la nomination d’un conseiller, Christopher Geidt, ancien secrétaire de la reine, dont la mission sera de veiller au respect du code ministériel. Sa première tâche sera de « vérifier les faits entourant la rénovation de l’appartement de Downing Street et informer le Premier ministre de toute nouvelle déclaration d’intérêts qui pourrait être nécessaire », a expliqué Downing Street.