Un islamiste dédommagé pour détention arbitraire en Grande-Bretagne

JUSTICE La Cour européenne des Droits de l'homme a compensé Abou Qatada injustement détenu pour les attentats du 11-Septembre...

Avec agence

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L'islamiste Abou Qatada, dont l'extradition a été approuvée mercredi par la plus haute instance judiciaire britannique, sera jugé à nouveau à son retour en Jordanie pour deux affaires dans lesquelles il avait été condamné par contumace pour terrorisme, selon des sources officielles.
L'islamiste Abou Qatada, dont l'extradition a été approuvée mercredi par la plus haute instance judiciaire britannique, sera jugé à nouveau à son retour en Jordanie pour deux affaires dans lesquelles il avait été condamné par contumace pour terrorisme, selon des sources officielles. — AFP/Archives

2.800 euros. C’est la somme qu’a allouée la Cour européenne des Droits de l'homme (CEDH) à Abou Qatada. Le religieux radical jordanien avait été, selon elle, injustement détenu au Royaume-Uni après les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis.

Un temps considéré comme le chef spirituel d'Al-Qaida en Europe, Abou Qatada avait été arrêté en 2002 et a passé trois ans en prison pour sa possible implication dans le financement et la préparation d'attentats. Il avait été renvoyé derrière les barreaux en août 2005 dans le cadre des mesures de répression contre des personnes suspectées de terrorisme après les attentats survenus à Londres le 7 juillet 2005. Il a finalement été remis en liberté en 2008 en Grande-Bretagne à la suite d'une mesure décrétée par une commission spéciale.

Indemnités pour dix autres requérants


La Cour octroie par ailleurs des indemnités allant jusqu'à 3.900 euros à dix autres requérants, qui, comme Abou Qatada, étaient soupçonnés de soutenir le réseau terroriste Al-Qaida et avaient été détenus au Royaume-Uni en vertu d'une loi contre le terrorisme.

Dans son arrêt, la Cour précise qu'elle a pris en compte le fait que le régime de détention avait été «conçu pour parer à un danger public et dans le souci de concilier la nécessité de protéger la population du Royaume-Uni contre le terrorisme avec l'obligation de ne pas renvoyer les requérants dans des pays où ils seraient exposés à un risque réel de mauvais traitements».