Coronavirus : Nouveau record mondial de contaminations en Inde

COVID-19 Avec près de 350.000 nouveaux cas en une journée, du jamais-vu au niveau mondial, le géant de 1,3 milliard d’habitants ne parvient pas à juguler la flambée épidémique

20 Minutes avec AFP

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La campagne de vaccination contre le Covid-19 en Inde, ici à Bombay.
La campagne de vaccination contre le Covid-19 en Inde, ici à Bombay. — Rajanish Kakade

Face à la poussée spectaculaire de l’épidémie de coronavirus en Inde, qui a enregistré dimanche un record mondial de près de 350.000 personnes contaminées en une seule journée, plusieurs pays dont ceux de l’UE, le Royaume-Uni et les Etats-Unis ont proposé leur aide.

En Irak, plus de 80 personnes ont péri dimanche, arrachées à leur respirateur, asphyxiées par les fumées ou carbonisées dans l’incendie d’un hôpital dédié au Covid-19 à Bagdad, une tragédie née de négligences qui ont valu une suspension au ministre de la Santé. En Inde, où sévit un nouveau variant, 2.767 personnes sont décédées du Covid-19 en vingt-quatre heures, un triste record national.

« Tempête »

Avec près de 350.000 nouveaux cas en une journée, du jamais vu au niveau mondial, le géant d’1,3 milliard d’habitants ne parvient pas à juguler la flambée épidémique. Dans le monde, 823.179 contaminations supplémentaires ont été enregistrées en vingt-quatre heures, selon un comptage effectué dimanche par l’AFP. Face cette « tempête », selon le Premier ministre indien Narendra Modi, les autorités locales ont prolongé d’une semaine le confinement en vigueur dans la capitale New Delhi.

« Les ravages du coronavirus se poursuivent et il n’y a pas de répit », a annoncé le ministre en chef de Delhi Arvind Kejriwal. Le réseau social Twitter a confirmé avoir supprimé, à la requête des autorités indiennes, des dizaines de tweets qui critiquaient l’exécutif dans la gestion de la crise sanitaire. Dans les hôpitaux, des témoins décrivent des couloirs encombrés de lits et de brancards et des familles suppliant en vain pour obtenir de l’oxygène ou une place pour leurs proches mourants.

« J’ai vu trois cadavres en six minutes », raconte Ravi Kumar, parvenu à faire admettre son grand-père octogénaire dans un hôpital de la capitale après avoir attendu toute la nuit. « A l’intérieur, il n’y a pas de lits, juste des civières côte à côte avec deux patients sur chacune ». 16,9 millions de personnes ont été contaminées en Inde depuis le début de la pandémie, et plus de 192.000 en sont mortes, plaçant le pays au quatrième rang dans le monde pour le nombre de décès.

Dimanche, l’Union européenne a promis de fournir une « assistance » à l’Inde, via son Mécanisme européen de protection civile. La chancelière allemande Angela Merkel a aussi annoncé que son gouvernement se préparait à fournir une aide d’urgence, sans donner de détails. « Des équipements médicaux vitaux, dont des centaines de concentrateurs d’oxygène et des respirateurs, sont maintenant en route du Royaume-Uni vers l'Inde», a de son côté annoncé le Premier ministre britannique Boris Johnson.

Un soutien de plusieurs pays

Et les Etats-Unis vont « déployer rapidement un soutien additionnel au peuple de l’Inde et aux héros du système de santé indien », a tweeté dimanche le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken. En parallèle, plusieurs pays ferment leurs portes à l’Inde. Le Bangladesh voisin va suspendre les passages terrestres pendant deux semaines, a déclaré dimanche à l’AFP son ministre des Affaires étrangères A.K. Abdul Momen.

Les Etats-Unis y déconseillent les voyages, tandis que le Canada a suspendu pendant trente jours vendredi les vols en provenance d’Inde et du Pakistan. La détection du variant « indien » en Belgique, en Suisse et dimanche en Grèce, inquiète en Europe. La France a mis en place samedi un nouveau protocole pour stopper l’arrivée des variants. Les voyageurs en provenance de cinq pays à risque, le Brésil, l’Inde, l’Afrique du Sud, l’Argentine et le Chili, sont soumis à un test antigénique à leur arrivée en France, s’ajoutant à un test PCR réalisé avant le vol, et doivent se mettre à l’isolement pour dix jours.

« Nous avons engagé la bataille contre ces variants, qui sont une menace face à laquelle nous devons nous protéger », a déclaré dimanche le Premier ministre Jean Castex à l’aéroport parisien de Roissy. « Les variants (sud-africain et brésilien) sont très peu nombreux et ont tendance à régresser », a-t-il toutefois observé. Le Brésil a également franchi un nouveau record mensuel de décès, enregistrant samedi 67.977 morts du Covid-19 depuis début avril. La Grèce a pour sa part dépassé dimanche les 10.000 morts depuis le début de l’épidémie, selon l’organisme national de la santé publique Eody.

Le Covid-19 a fait plus de trois millions -au moins 3.088.103- de morts dans le monde depuis que le bureau de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en Chine a fait état de son apparition fin décembre 2019, d’après un bilan établi par l’AFP samedi. A trois mois des Jeux olympiques, la situation au Japon préoccupe aussi : l’état d’urgence entre en vigueur à Tokyo et dans trois autres départements (Kyoto, Osaka et Hyogo) dès dimanche et au moins jusqu’au 11 mai.

128 millions de doses administrées en Europe

La lenteur de la vaccination alimente aussi les doutes sur la capacité de ce pays à organiser les JO dans moins de cent jours. Globalement, la vaccination s’accélère néanmoins dans le monde. Le cap du milliard -au moins 1.002.938.540- de doses de vaccins contre le Covid, administrées dans 207 pays ou territoires, a été franchi samedi en fin de journée, selon un comptage de l’AFP à partir de sources officielles.

Plus de la moitié d’entre elles (58 %) ont été injectées dans trois pays : les Etats-Unis (225,6 millions), la Chine (216,1 millions) et l’Inde (138,4 millions). Mais au regard de sa population, c’est Israël qui arrive en tête, près de six Israéliens sur dix étant déjà complètement vaccinés. Dans l’Union européenne, 128 millions de doses ont été administrées à 21 % de la population.