Affaire Navalny : Les médecins de l’opposant russe l’appellent à arrêter sa grève de la faim

SURVIE Les médecins craignent la mort de l’opposant russe emprisonné ou des « dommages considérables » pour sa santé

20 Minutes avec AFP

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L'opposant russe emprisonné Alexeï Navalny a entamé depuis plus de trois semaines une grève de la fin pour dénoncer ses conditions d'emprisonnement.
L'opposant russe emprisonné Alexeï Navalny a entamé depuis plus de trois semaines une grève de la fin pour dénoncer ses conditions d'emprisonnement. — Pavel Golovkin/AP/SIPA

Entamée depuis plus de trois semaines, sa grève de la faim le met aujourd’hui en danger de mort. « En tant que médecins traitants, nous faisons appel à Alexeï Navalny et lui demandons d’arrêter immédiatement sa grève de la faim afin de préserver sa vie et sa santé », ont indiqué les cinq médecins signataires dans une lettre publiée par le média d’opposition Mediazona.

Cet appel intervient au lendemain de manifestations dans toute la Russie pour appeler à la libération de l’opposant de 44 ans, qui a été transféré en début de semaine dans un hôpital pour prisonniers tuberculeux depuis la colonie pénitentiaire où il est emprisonné. Alexeï Navalny avait cessé de s’alimenter il y a trois semaines pour protester contre ses conditions de détention, accusant l’administration pénitentiaire de le priver d’accès à un médecin alors qu’il souffre d’une double hernie discale. Alors qu’il souffrait déjà du dos et d’une perte de sensibilité aux jambes et aux mains avant sa grève de la faim, son état s’est dégradé, l’opposant se décrivant lui-même comme un « squelette déambulant dans une cellule ». Ses avocats, qui ont pu le voir, l’ont jugé « très faible ».

« Des symptômes neurologiques sévères »

Les médecins, dont Anastassia Vassilieva, le médecin personnel de l’opposant russe, ont indiqué avoir eu accès aux résultats des analyses effectuées par Alexeï Navalny depuis son transfert en début de semaine dans un hôpital pour prisonniers tuberculeux. « La poursuite du jeûne peut nuire considérablement à la santé d’Alexeï Navalny et peut conduire au résultat le plus triste – à la mort », poursuivent les médecins. Ils soulignent notamment chez l’opposant des « symptômes d’insuffisance rénale, des symptômes neurologiques sévères et d’hyponatrémie sévère » pouvant conduire selon eux à des maladies encore plus graves.

« Si la grève de la faim se poursuit même pour un temps minimal, malheureusement, nous n’aurons bientôt plus personne à guérir », se sont-ils alarmés, appelant les autorités à leur donner accès à Alexeï Navalny et à le transférer vers un hôpital de Moscou, où il pourra recevoir des « soins appropriés ».

Des risques de dommages considérables

Le principal détracteur du Kremlin se trouve actuellement dans un établissement de Vladimir, à 180 km à l’est de Moscou, d’où il a été transféré depuis sa colonie pénitentiaire de Pokrov dans la même région, réputée comme l’une des plus dure de Russie.

Ses proches sont d’autant plus inquiets pour son état qu’il a survécu de justesse l’année dernière à un empoisonnement qui l’avait plongé dans le coma, et dont il accuse le Kremlin. Des milliers de ses partisans se sont réunis mercredi dans de nombreuses villes russes pour appeler à sa libération, des manifestations qui se sont soldées par plus de 1.900 interpellations.