Ouïghours : Une association basée à Paris exhorte la France à reconnaître le génocide de cette minorité chinoise

DIPLOMATIE Une pétition sur le sujet doit être lancée en parallèle

20 Minutes avec AFP

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Paris, manifestation contre la pression de gouvernement Chinois sur  les Ouighours.  France le 12 Janvier 2020.
Paris, manifestation contre la pression de gouvernement Chinois sur les Ouighours. France le 12 Janvier 2020. — SEVGI/SIPA

L’Institut ouïghour d’Europe, basé à Paris, a appelé le président français Emmanuel Macron et le chef de la diplomatie Jean-Yves Le Drian à « reconnaître le caractère génocidaire » des politiques de Pékin visant cette minorité du nord-ouest de la Chine.

« Les violences politiques extrêmes et systématiques, organisées, planifiées et perpétrées par les autorités chinoises contre les Ouïghour·e·s témoignent d’une intention de détruire, y compris biologiquement, les Ouïghour·e·s en tant que groupe à part entière. Elles sont constitutives d’un génocide selon les critères mis en avant dans la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide de 1948 », écrit l’organisation de défense de la culture ouïghoure dans des courriers, transmis jeudi à l’AFP, adressés au président et au ministre des Affaires étrangères.

Marcher dans les « pas » des Etats-Unis

Estimant qu’aucune action « concrète » ne sera possible sans cette reconnaissance officielle, l’institut (IODE) demande aux autorités françaises de marcher dans les pas des États-Unis, dont le secrétaire d’État Anthony Blinken a repris la qualification de « génocide », ainsi que des Parlements canadien et néerlandais qui ont adopté des motions non contraignantes assimilant à un génocide la répression en cours au Xinjiang, région peuplée majoritairement de Ouïghours, minorité ethnique turcophone et principalement musulmane.

Il les presse également d’actionner « tous les leviers » possibles, y compris celui des sanctions, « pour mettre fin à ce génocide », en dressant une liste des « violences politiques extrêmes » imputées à la Chine par « de nombreuses études académiques », des « enquêtes de presse détaillées » et « témoignages de plus en plus nombreux ».

Des camps « d’internement » rejetés par Pékin

Parmi ces violences, IODE dénonce « internements massifs », « stérilisations massives et forcées », « séparation des enfants ouïghours de leur famille (nombre estimé entre 700.000 et 800.000) », « surveillance totalitaire », « politiques d’éradication de l’identité ouïghoure » ciblant la langue, la culture, les sites religieux. Ces courriers vont être rendus publics dans le cadre d’une pétition que l’Institut lance jeudi sur change.org, « la France doit reconnaître le génocide des Ouïghour.e.s en Chine ! ».

Des experts estiment que plus d’un million de Ouïghours sont ou ont été détenus dans des camps de rééducation politique dans ce vaste territoire semi-désertique. Pékin rejette le terme de camps d’internement et parle plutôt de « centres de formation professionnelle » destinés à aider la population à trouver un emploi et l’éloigner ainsi de l’extrémisme.