Trêve à Gaza: Israël réclame la libération du soldat Shalit

PROCHE-ORIENT C'est la condition posée par Israël pour négocier avec le Hamas...

Avec agence

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L'Egypte a assuré à Israël que le point de passage de Rafah, entre son territoire et la bande de Gaza, resterait fermé tant que la question du soldat israélien enlevé Gilad Shalit ne serait pas résolue, a affirmé mardi un haut responsable israélien.
L'Egypte a assuré à Israël que le point de passage de Rafah, entre son territoire et la bande de Gaza, resterait fermé tant que la question du soldat israélien enlevé Gilad Shalit ne serait pas résolue, a affirmé mardi un haut responsable israélien. — AFP/Getty Images/archives

C'est à l'unanimité que le cabinet de sécurité israélien a conditionné ce mercredi la conclusion d'un accord de trêve avec le Hamas à la libération du soldat franco-israélien Gilad Shalit, capturé et détenu depuis juin 2006 à Gaza.

«La libération du soldat Shalit est la condition à tout accord avec le Hamas et à l'ouverture des points de passage» avec la bande de Gaza, a déclaré Meïr Sheetrit, ministre de l'Intérieur et membre de ce cabinet composé de douze ministres et chargé de prendre des décisions majeures pour la politique israélienne avant qu'elles ne soient entérinées par l'ensemble du gouvernement.

«Il serait impensable pour quiconque de parvenir à un accord, par le biais de l'Egypte ou non, avec le Hamas sans la libération de Gilad Shalit», a insisté la ministre.

Le processus engagé par l'Egypte entravé


Ce vote crucial est intervenu après un durcissement de la position israélienne sur les conditions de la trêve, notamment l'ouverture des points de passage avec Gaza.

Dans un communiqué, le Hamas a immédiatement rejeté ces nouvelles  «conditions», affirmant qu'elles entravaient à des fins politiques les efforts égyptiens pour parvenir à un règlement.

Israël «veut utiliser la trêve et Shalit à des fins politiques dans le cadre des tractations en cours» pour la formation d'un nouveau gouvernement, a précisé Fawzi Barhoum, un porte-parole du mouvement islamiste.

Olmert a mis le feu aux poudres

Mardi à Damas, le chef en exil du Hamas, Khaled Mechaal, a fait porter à Israël «la responsabilité des entraves (...) pour parvenir à la trêve, en ajoutant une condition de dernière minute».

Même son de cloche du côté de l'Autorité palestinienne. «La condition israélienne pour une libération de Shalit constitue un obstacle et nous mettons en garde Israël d'empêcher un accord de trêve», a déclaré Nabil Abou Roudeina, porte-parole du président palestinien Mahmoud Abbas.

Il a appelé la nouvelle administration américaine à «exercer des pressions sur Israël pour parvenir à une trêve (...) et un arrêt des souffrances des Palestiniens».

Moubarak se fâche


Samedi, le Premier ministre israélien sortant, Ehud Olmert, avait assuré qu'il n'y aurait pas d'accord sans une libération de Gilad Shalit. Un revirement qui a eu pour effet d'irriter le président égyptien Hosni Moubarak, dont le pays assure la médiation entre Israël et le Hamas.


L'Egypte, l'un des rares pays à entretenir des relations diplomatiques avec Israël, a ainsi accusé lundi soir Israël d'avoir partiellement fait marche arrière dans ces négociations qui visent à obtenir une trêve à long terme après l'offensive israélienne meurtrière de 22 jours à Gaza, qui a pris fin il y a exactement un mois.

«L'Egypte ne changera pas de position par rapport à la trêve, la question du soldat israélien Gilad Shalit est une question séparée qui ne peut d'aucune manière être liée aux négociations sur la trêve», a-t-il dit.

«C'est de la folie, de la pure folie»

Ce revirement a même été critiqué par Amos Gilad, principal responsable israélien des négociations avec l'Egypte, selon le quotidien «Maariv» de mercredi. «Je ne comprends pas ce qu'ils (au bureau d'Olmert) essaient de faire. Insulter les Egyptiens? Nous les avons déjà insultés. C'est de la folie, de la pure folie», a-t-il affirmé.