Allemagne : La CDU s’unit derrière Laschet pour tenter de succéder à Merkel

DENOUEMENT En ne se prononçant pas pour Markus Söder, pourtant favori des sondages, le parti au pouvoir depuis 16 ans a voulu s’éviter de se plonger dans une crise interne durable

20 Minutes avec AFP

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Armin Laschet, à Berlin le 19 avril 2021.
Armin Laschet, à Berlin le 19 avril 2021. — Michael Sohn/AP/SIPA

En Allemagne, la crise dans le camp conservateur autour de la succession d’ Angela Merkel est en passe de se dénouer. La direction du parti allemand chrétien-démocrate CDU a renouvelé son soutien lundi soir à Armin Laschet, président de la formation conservatrice, lors d’un vote interne.

Le comité exécutif de la CDU, après plus de six heures de réunion, s’est prononcé pour la candidature de son président face à celle du populaire dirigeant bavarois Markus Söder. Ce dernier avait indiqué dans la journée qu’il se plierait à la décision de cette instance.

L’offensive de Markus Söder

Le plébiscite est net et laisse augurer d’une issue au duel fratricide qui déchire depuis une semaine le parti au pouvoir : 77,5 % des responsables du parti se sont prononcés en faveur d’Armin Laschet contre 22,5 % pour Markus Söder, dans cette consultation organisée par Internet de façon impromptue, après des discussions marathon. Candidat naturel de la CDU dont il a pris la tête en janvier, Armin Laschet, partisan de la continuité avec le cap centriste d’Angela Merkel, avait vu son investiture contestée par Markus Söder, chef du parti-frère bavarois CSU.

Après des mois à entretenir le suspense sur ses intentions, Söder avait fait monter la tension en officialisant le 11 avril sa candidature. Dès le lendemain, Laschet avait obtenu un premier vote de soutien de la part des caciques la CDU. L’instance qui s’est prononcée en sa faveur lundi soir rassemble un échantillon encore plus large de responsables du parti.

Des législatives le 26 septembre

L’issue de cette réunion de crise était hautement incertaine alors que Markus Söder a engrangé, ces derniers jours, le soutien de plusieurs cadres du parti. Le ministre-président de Bavière avait un argument de poids : il est de loin le favori des sondages pour permettre aux conservateurs de conserver la chancellerie à l’issue des élections législatives du 26 septembre. Mais les ténors du parti n’ont finalement voulu prendre aucun risque. Désavouer Armin Laschet, installé à la tête de la CDU depuis trois mois, aurait plongé dans une crise durable le parti de la majorité, au pouvoir depuis 16 ans.