Etats-Unis : Le financier Bernard Madoff, condamné pour escroquerie, est mort

PONZI Célèbre pour avoir été à la tête d’une immense escroquerie révélée lors de la crise financière de 2008, Bernard Madoff est mort à 82 ans

20 Minutes avec AFP

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Le financier Bernard Madoff est décédé — 20 Minutes

Financier et investisseur le plus en vue de la place de New York avant de tomber pour escroquerie à la suite de la crise de 2008, Bernard Madoff est mort à l’âge de 82 ans, a-t-on appris ce mercredi. Il avait été condamné en 2009 à 150 ans de prison, et purgeait sa peine dans un pénitencier de Caroline du Nord, aux Etats-Unis.

Après l’effondrement des marchés boursiers à la rentrée 2008, son escroquerie a été révélée au grand jour. Elle suivait la méthode frauduleuse dite de la pyramide de Ponzi, qui consiste à piocher dans les finances de ses nouveaux clients pour rétribuer ou rembourser des investisseurs plus anciens. C’est la plus grande escroquerie de l’histoire.

La cause du décès n’a pas été révélée

Le porte-parole de la prison de Butner, situé dans le nord de la Caroline du Nord, s’est refusé à communiquer la cause du décès. En 2020, Bernie Madoff avait demandé sa libération anticipée pour raisons médicales, laquelle lui avait été refusée en juin. Il disait être en phase terminale d’une maladie rénale et n’avoir plus que 18 mois à vivre.

Issu d’une famille juive modeste du quartier new-yorkais du Queens, Bernard Madoff a fondé une société de courtage alors qu’il était encore à l’université, à la fin des années 1950. Il incarnait une nouvelle génération de financiers, plus modernes, qui capitalisaient sur le développement de l’informatique.

Plus de 17 milliards de dollars réclamés

Devenu une figure de Wall Street, il a offert, en plus des services de courtage (vente et achat de titres pour le compte de clients), un véhicule d’investissement, devenu rapidement un succès. Un nombre croissant d’investisseurs institutionnels mais aussi de particuliers fortunés, lui ont confié des milliards de dollars en gestion, séduits par la promesse d’un rendement élevé et surtout stable, dans un univers de la finance par définition imprévisible.

Les sommes réclamées par les investisseurs qui ont saisi la justice après l’éclatement du scandale atteignaient plus de 17 milliards de dollars. En incluant les profits vantés par Bernie Madoff, qui se sont révélés virtuels, les pertes se montent à 65 milliards de dollars. Le fonds de recouvrement destiné à l’indemnisation des victimes de cette escroquerie sans précédent a reversé, jusqu’ici, environ 2,7 milliards de dollars.

La double image de Madoff

Avant le scandale, plusieurs observateurs et investisseurs avaient régulièrement émis des doutes sur les méthodes de Bernie Madoff, qui cultivait le secret sur sa stratégie d’investissement. Mais malgré ces signalements, sur plusieurs décennies, le gendarme boursier américain, la SEC, n’a jamais inquiété le financier.

Petit homme assez discret à la chevelure argentée, Bernard Madoff avait réussi à se bâtir une double image de pionnier de la finance, bousculant l’ordre établi, et de personnalité de l’establishment, fréquentant cercles privés prisés des élites new-yorkaises. Il aura fallu la crise financière de 2008 pour dévoiler le scandale. D’un seul coup, Bernie Madoff s’est trouvé face à de multiples demandes de retraits massifs, tandis que les dépôts se raréfiaient. D’un coup, le système s’est effondré, à la façon d’un château de cartes.

« Je laisse la honte en héritage »

De nombreuses institutions financières et des clients fortunés se sont retrouvés piégés, parmi lesquels l’acteur américain Kevin Bacon, l’écrivain Elie Wiesel ou le réalisateur Steven Spielberg, qui ont perdu plusieurs millions de dollars. Thierry de la Villehuchet, financier français installé à New York et qui avait placé chez Bernie Madoff environ 1,4 milliard de dollars de clients tels que Liliane Bettencourt, s’est suicidé dans son bureau de Manhattan fin décembre 2008.

Le jour de sa condamnation, fin juin 2009, Bernie Madoff a exprimé des regrets, reconnaissant avoir infligé « beaucoup de peine et de souffrance » autour de lui. « Je laisse la honte en héritage à ma famille et mes petits-enfants. »