Droits des femmes : Dans 57 pays, une femme sur deux ne peut disposer librement de son corps

VIOLENCES FAITES AUX FEMMES Le rapport du Fonds des Nations unies pour la population, intitulé « Mon corps est le mien », détaille les atteintes aux droits des femmes dans ces pays

20 Minutes avec AFP

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Une femme enceinte au Texas (illustration).
Une femme enceinte au Texas (illustration). — AFP

Un rapport de l'ONU publié ce mercredi tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme au sujet de la situation des femmes dans le monde. Près d’une femme sur deux dans 57 pays est privée des libertés liées à son corps, qu’il s’agisse de relations sexuelles, du recours à la contraception ou de la recherche de soins de santé.

Les auteurs de ce document annuel sur l’état de la population mondiale, réalisé par le Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP), se sont penchés pour la première fois sur l’autonomie corporelle des femmes. Intitulé Mon corps est le mien, le rapport détaille les atteintes aux droits des femmes dans ces pays, du viol à la stérilisation forcée en passant par l’imposition de tests de virginité et de mutilations génitales. Il se penche aussi sur l’interdiction faite aux femmes de décider pour leur propre corps, sans crainte de violences ou sans subir une décision de quelqu’un d’autre concernant leur intégrité physique.

« Ce manque d’autonomie corporelle a des implications massives au-delà des préjudices profonds pour les femmes et les filles » comme sur « la baisse potentielle de la productivité économique, une diminution des compétences et des coûts supplémentaires pour les systèmes de santé et judiciaires », indique le FNUAP. Le rapport note que seulement 56 % des pays étudiés ont des lois et des politiques sur une éducation sexuelle complète.

Cette situation « devrait tous nous scandaliser »

« Que près de la moitié des femmes ne puissent toujours pas prendre leurs propres décisions quant à l’opportunité d’avoir des relations sexuelles, d’utiliser la contraception ou de se faire soigner devrait tous nous scandaliser », estime la directrice de l’UNFPA, Natalia Kanem. « En résumé, des centaines de millions de femmes et de filles n’ont pas de liberté sur leur propre corps. Leur vie est gouvernée par les autres », dénonce-t-elle.

Le rapport recense vingt pays ou territoires ayant établi des lois permettant à un violeur de se marier avec sa victime afin d’échapper à des poursuites judiciaires et 43 Etats n’ayant pas de législation sur les viols entre conjoints. Plus de 30 pays imposent des restrictions aux mouvements des femmes hors de leur domicile, note aussi le rapport onusien.