Afghanistan : Le retrait des troupes américaines achevé d’ici le 11 septembre 2021, annonce Joe Biden

GEOPOLITIQUE Face à ce retard, les talibans ont annoncé qu'ils refusaient de participer à un sommet sur l'avenir du pays prévu fin avril à Istanbul

20 Minutes avec AFP

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Un hélicoptère de l'armée américaine en Afghanistan en 2018.
Un hélicoptère de l'armée américaine en Afghanistan en 2018. — US Army/Cover Images/SIPA

C’est une date symbolique. Joe Biden a annoncé mardi que le retrait des troupes américaines d’Afghanistan serait achevé d’ici le 11 septembre 2021, vingt ans après les attentats à l’origine de la plus longue guerre de l’histoire américaine.

Décidé par Donald Trump, ce retrait devait être terminé d’ici le 1er mai, selon un accord négocié avec les talibans. « Nous allons entamer un retrait ordonné des forces restantes avant le 1er mai et prévoyons d’avoir sorti toutes les troupes américaines du pays avant le 20e anniversaire du 11-Septembre », a précisé devant des journalistes un haut-responsable américain, assurant que ce départ serait « coordonné » et simultané avec celui des autres forces de l’Otan. « Nous avons dit aux talibans, sans la moindre ambiguïté, que nous répondrons avec force à toute attaque contre les soldats américains pendant que nous procédons à un retrait ordonné et sûr », a-t-il ajouté.

Les talibans refusent de participer au sommet d'Istanbul

Ce retard de quatre mois par rapport à la date prévue a été dénoncé par les talibans. "Avant que toutes les forces étrangères se soient complètement retirées de notre pays natal, (nous) ne participerons à aucune conférence qui prendrait des décisions sur l'Afghanistan", a indiqué dans un tweet Mohammad Naeem, porte-parole des talibans au Qatar.

Les rebelles afghans ont récemment mis en garde Washington contre tout dépassement de la date du 1er mai, menaçant de riposter par la force alors qu’ils se sont abstenus de toute attaque contre les forces étrangères depuis l’accord américano-taliban de 2019. En revanche, la violence reste très élevée sur le terrain entre les talibans et les forces afghanes.

100.000 soldats en 2010-2011

Les Etats-Unis sont intervenus en Afghanistan dans la foulée des attentats contre les tours jumelles de New York et le Pentagone. Ils ont rapidement chassé du pouvoir à Kaboul les talibans, accusés d’avoir accueilli le groupe djihadiste Al-Qaïda responsable des attentats et son chef Oussama ben Laden, mais se sont ensuite enlisés.

Au plus fort de la présence de l’US Army, quelque 100.000 soldats américains étaient déployés en Afghanistan en 2010-2011. L’ancien président Barack Obama avait ramené ces effectifs à 8.400 hommes à la fin de son second mandat, puis son successeur Donald Trump avait envoyé des renforts, pour les porter à 14.000 en 2017. Mais il a ensuite bien engagé le retrait progressif : il ne reste plus que 2.500 soldats américains en Afghanistan.

Conférence pour la paix à Istanbul

Pour mettre fin à la plus longue guerre des Etats-Unis – quelques mois de plus que la guerre du Vietnam – l’administration Trump avait en effet conclu en février 2019 à Doha, au Qatar, un accord historique avec les talibans. Il prévoyait le retrait de toutes les forces américaines et étrangères avant le 1er mai prochain, à condition que les insurgés empêchent à l’avenir à tout groupe terroriste d’opérer depuis les territoires afghans qu’ils contrôlent. Le Pentagone a récemment émis des doutes sur le respect de cet engagement.

Les talibans devaient aussi entamer des négociations de paix directes inédites avec le gouvernement de Kaboul. Ces pourparlers, ouverts en septembre, piétinent depuis et doivent être relancés à partir lors d’une conférence de paix en Turquie qui devait se tenir entre le 24 avril et le 4 mai à Istanbul.