Affaire Alexeï Navalny : En grève de la faim, l'opposant russe menacé d'être alimenté de force

RUSSIE L'opposant a débuté une grève de la faim à la fin du mois de mars

20 Minutes avec AFP

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Alexei Navalny à Berlin, le 23 septembre 2020, après sa sortie de l'hôpital.
Alexei Navalny à Berlin, le 23 septembre 2020, après sa sortie de l'hôpital. — Handout / Instagram account @navalny / AFP

En grève de la faim, l'opposant russe Alexeï Navalny est menacé d'être alimenté de force par les autorités, a indiqué son compte Twitter officiel lundi.

«Il pèse 77 kg», soit huit kilos de perdus depuis le début de son action le 31 mars, a indiqué le compte @navalny, ajoutant qu'«au regard du sérieux de la grève de la faim, l'administration (carcérale) le menace quotidiennement de l'alimenter de force».

Des douleurs au dos et aux jambes 

Alexeï Navalny, 44 ans, a annoncé le 31 mars avoir décidé d'arrêter de s'alimenter pour protester contre ses conditions de détention dans le camp numéro 2 de Pokrov, 100 km à l'est de Moscou, réputé comme l'un des plus durs du pays. Le militant anticorruption accuse l'administration pénitentiaire de lui refuser l'accès à un médecin et à des médicaments et de le «torturer» par privation de sommeil. Il avait déjà dit souffrir de fortes douleurs au dos et avoir perdu de la sensibilité à ses deux jambes.

Les proches de Alexeï Navalny exigent qu'il soit transféré dans un hôpital, et sont d'autant plus inquiets que l'opposant a survécu l'année dernière de justesse à un empoisonnement qui l'avait plongé dans le coma, et dont il accuse le président Vladimir Poutine d'être responsable. Arrêté en janvier à son retour en Russie, l'opposant a été condamné à deux ans et demi de prison dans une affaire ancienne de fraude que lui-même, ses partisans et de nombreuses ONG dénoncent comme politique, et dont le jugement a été dénoncé par la Cour européenne des droits de l'Homme.