Allemagne : L'impopulaire Armin Laschet en pole position pour briguer la succession d'Angela Merkel

ELECTIONS Le presidium de la CDU a décidé ce lundi de soutenir l'ancien journaliste pourtant peu apprécié des Allemands

20 Minutes avec AFP

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Armin Laschet, président de la CDU a obtenu le soutien de son parti pour briguer en septembre les élections qui désigneront le successeur d'Angela Merkel.
Armin Laschet, président de la CDU a obtenu le soutien de son parti pour briguer en septembre les élections qui désigneront le successeur d'Angela Merkel. — Michael Kappeler/AP/SIPA

Il n’avait pourtant pas une nette longueur d’avance. Armin Laschet, dont seul environ un quart des Allemands pense qu’il a l’étoffe d’un chancelier, a franchi un grand pas vers la succession d' Angela Merkel en étant choisi ce lundi, malgré son impopularité, par la direction de son parti, la CDU, pour viser la chancellerie allemande en septembre. Cet ancien journaliste aux yeux rieurs a longtemps été considéré comme un modéré adepte de la ligne centriste d’Angela Merkel.

Le présidium du parti démocrate-chrétien a décidé ce lundi matin, lors d’une réunion à huis clos, de soutenir Armin Laschet, président de la CDU qui a toutes les peines à décoller dans les sondages face à un autre conservateur, le populaire Bavarois Markus Söder, qui dirige la formation alliée CSU.

Un soutien de taille

« Le présidium a émis un avis clair, après des consultations détaillées » pour qu’Armin Laschet soit le candidat de l’Union de ces deux partis pour la campagne des élections législatives le 26 septembre, a indiqué à l’AFP un participant.

« Nous le considérons comme exceptionnellement apte et lui avons demandé de discuter maintenant avec Markus Söder de la manière de procéder », a confirmé le dirigeant CDU du Land De Hesse, Volker Bouffier.

La décision n’est pas encore définitive mais avec ce soutien, Armin Laschet, 60 ans, dirigeant de la région la plus peuplée, la Rhénanie du nord-Westphalie, a désormais de très bonnes chances de défendre les couleurs conservatrices aux élections et ainsi de succéder à Angela Merkel, au pouvoir depuis seize ans.

En perte de vitesse

La CDU, en nette perte de vitesse dans les sondages, reste néanmoins en tête des enquêtes, avec environ 28 %, contre 22 % pour les Verts. Ministre-président de la Bavière, Markus Söder, 54 ans, s’était dit prêt ce dimanche à tenter de devenir le premier Bavarois élu chancelier. A la condition toutefois que la CDU, bien plus puissante à l’échelle nationale, le soutienne.

Mais, malgré une popularité impressionnante dans toute l’Allemagne et des soutiens jusqu’au sein de la CDU, Markus Söder va désormais avoir du mal à renverser la tendance. Le présidium de la CDU est en effet l’instance cruciale pour la désignation du candidat. Et c’est généralement aux démocrates-chrétiens que revient le premier choix.

La CSU, formation régionale, n’a représenté qu’à deux reprises le camp conservateur tout entier aux élections, avec deux échecs à la clé en 1979 et 2002.

Markus Söder, devenu une des personnalités les plus appréciées grâce à une approche stricte et prudente de la lutte contre le coronavirus, n’est pas parvenu à gagner à sa cause les cadres conservateurs au-delà de la Bavière.

Ces derniers se montrent méfiants à l’égard d’un dirigeant aux opinions variables, qui disait encore il y a peu que sa place était à Munich et non Berlin.

Critiques et ricanements

Armin Laschet accumule les déboires depuis son élection en janvier à la tête de la CDU. Sa récente proposition d’un verrouillage strict mais bref pour juguler la troisième vague de contaminations a suscité critiques et ricanements. Le dirigeant régional s’était en effet jusqu’à présent fait le chantre des assouplissements, au point d’entrer en conflit avec Angela Merkel.

Deux sévères revers lors d’élections régionales en mars, sur fond de corruption présumée sur l’achat de masques impliquant des parlementaires conservateurs, ont aussi fragilisé sa position.

Mais Armin Laschet, tacticien habile sur ce coup, a su s’assurer en coulisse le soutien de dirigeants de la CDU qui, bien qu’inquiets pour leur réélection en septembre, ne voulaient pas que leur parti s’efface face à la petite soeur bavaroise. Ce choix du présidium pourrait ainsi clore un duel qui risquait de devenir délétère dans un contexte pandémique toujours difficile, avec la barre symbolique des 3 millions de cas recensés franchie ce lundi.

Les autres partis ont de surcroît pris de l’avance. Les sociaux-démocrates du SPD ont ainsi choisi depuis des mois leur chef de file, le ministre des Finances Olaf Scholz. Les Verts, crédités de plus de 20 % des voix, diront eux lundi prochain qui de leurs deux co-présidents, Annalena Baerbock et Robert Habeck, mènera le combat électoral.