Allemagne : Deux hommes officiellement candidats pour mener la droite aux législatives de septembre

SCRUTIN Markus Söder, le ministre-président de la Bavière, et Armin Lashet, le chef de la CDU, vont s’affronter

20 Minutes avec AFP

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Markus Söder, candidat pour le poste de chef de file des conservateurs allemands pour les élections de septembre.
Markus Söder, candidat pour le poste de chef de file des conservateurs allemands pour les élections de septembre. — TOBIAS SCHWARZ / AFP

Le duel est désormais officiel dans la course à la succession d’Angela Merkel : le Bavarois Markus Söder et le chef du parti CDU Armin Laschet vont se disputer l’investiture des conservateurs pour les législatives allemandes, dans une compétition qui devrait être tranchée rapidement. « Si la CDU était prête à me soutenir, je serai prêt. Si la CDU ne le veut pas, le travail commun se poursuivra sans ressentiment », a déclaré, selon des sources parlementaires, le chef du Land de Bavière lors d’une réunion à huis-clos des cadres du groupe CDU/CSU.

Armin Laschet, dirigeant de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) a également, comme attendu, affirmé être candidat à l’investiture. Alors que les conservateurs ont promis de trancher la question « entre Pâques et la Pentecôte » (le 24 mai), le calendrier pourrait s’accélérer. Objectif ? Sortir au plus vite le parti de l’ornière. Car la fin de règne d’Angela Merkel, après seize ans de pouvoir, tourne au calvaire. Gestion erratique de la pandémie, revers dans deux scrutins régionaux récents, la CDU et l’Union chrétienne-sociale (CSU) sont aussi éclaboussées par un scandale de malversations financières autour de l’achat de masques médicaux.

Les sondages en berne

La fébrilité est aussi à son comble au vu des derniers sondages : l’Union CDU-CSU ne recueille actuellement que 26 % à 28,5 % des intentions de vote pour les législatives du 26 septembre. Près de dix points de moins qu’en février, et une chute abyssale depuis l’an dernier quand elle avait grimpé à 40 %. La réunion ce dimanche est surtout une « sorte d’examen des candidatures », juge le quotidien Süddeutsche Zeitung, au cours de laquelle les deux candidats donnent leur vision de l’avenir.

Le bouillonnant quinquagénaire Markus Söder, qui dirige la CSU, a pour lui les sondages. Selon la chaîne publique ARD, 54 % des électeurs estiment que c’est un bon candidat. Pour le sexagénaire Armin Laschet, le part d’opinions favorables n’est qu’à 16 %. Mais généralement c’est à la CDU que revient de présenter un candidat. La CSU, formation régionale, n’a représenté qu’à deux reprises le camp conservateur tout entier aux élections, avec deux échecs à la clé.

Armin Laschet, élu seulement depuis janvier à la tête de la CDU, accumule de son côté les déboires. Sa récente proposition d’un verrouillage strict mais bref pour juguler la troisième vague de contaminations a suscité critiques voire ricanements. Le dirigeant régional de Rhénanie du Nord-Westphalie s’était en effet jusqu’à présent fait le chantre des assouplissements, au point d’entrer en conflit avec Angela Merkel. Pour l’élu, longtemps perçu comme l’héritier politique d’Angela Merkel, toute la difficulté est d’incarner à la fois continuité et renouvellement.