Génocide au Rwanda : Le président Kagame « salue » le rapport français, « un important pas en avant »

MEMOIRE Un rapport rendu fin mars à Emmanuel Macron conclut que la France porte des « responsabilités lourdes et accablantes » dans la tragédie

20 Minutes avec AFP

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Paul Kagame à Abidjan (Côte d'Ivoire), le 14 octobre 2019.
Paul Kagame à Abidjan (Côte d'Ivoire), le 14 octobre 2019. — SIA KAMBOU / AFP

Le rapport Duclert, sur le génocide de 1994 au Rwanda, a été salué ce mercredi par le président Paul Kagame. Le chef de l’Etat estime qu’il s’agit d'« un pas en avant important vers une compréhension commune de ce qu’il s’est passé ».

Ce rapport remis le 27 mars au président français Emmanuel Macron « marque aussi un changement, il montre un désir même chez les dirigeants en France d’avancer avec une bonne compréhension de ce qu’il s’est passé. Nous saluons cela », a ajouté Paul Kagame dans un discours lors des cérémonies de commémoration du génocide. « L’important est de continuer à travailler ensemble à documenter la vérité. C’est la vérité », a poursuivi le chef d’Etat.

La France « aveugle »

« Le Rwanda aura aussi son mot à dire dans un avenir proche, peut-être lors de la troisième semaine de ce mois », a-t-il indiqué, en référence à un rapport sur le sujet mené par une commission rwandaise. « Les conclusions (de ce rapport) vont dans la même direction », a affirmé Paul Kagame, qui était à l’époque du génocide, le chef des rebelles tutsi du Front patriotique rwandais (FPR) qui combattait le régime extrémiste hutu.

Le rapport français, dirigé par l’historien Vincent Duclert, est accablant pour les autorités françaises de l’époque : si « rien ne vient démontrer » qu’elle s’est rendue complice du génocide, la France porte des « responsabilités lourdes et accablantes » dans la tragédie, notamment en étant « demeurée aveugle face à la préparation » du génocide.

Mercredi, la France a annoncé l'ouverture d'importantes archives sur le Rwanda pour faire avancer la « vérité historique » sur le génocide des Tutsi en 1994. Lors de la remise du rapport Duclert, Emmanuel Macron avait indiqué espérer un rapprochement « irréversible » avec Kigali.