Le ministre des Finances japonais dément avoir été saoul au G7

POLEMIQUE Les chaînes de télévision japonaises diffusent en boucle les images dans lesquelles Shoichi Nakagawa apparaît somnolent...

Avec agence

— 

 Le ministre japonais des Finances, Shoichi Nakagawa, en conférence de presse après une réunion du G7 à Rome, samedi 14 février 2009.
 Le ministre japonais des Finances, Shoichi Nakagawa, en conférence de presse après une réunion du G7 à Rome, samedi 14 février 2009. — REUTERS/Chris Helgren
Le ministre japonais des Finances est au cœur d'une polémique qui pourrait lui coûter sa place. Les chaînes de télévision japonaises diffusent en effet en boucle des images de Shoichi Nakagawa, 55 ans, connu pour son goût immodéré pour la boisson. Lors d'une conférence de presse du G7, samedi soir à Rome, on le voit en train de répondre avec difficulté aux journalistes japonais, la bouche empâtée, le regard vague, somnolant même à plusieurs reprises. Des images qui ne sont d'ailleurs pas sans rappeler celles de Nicolas Sarkozy au G8 en juin dernier.
 
Shoichi Nakagawa est apparu le visage rouge, luttant visiblement pour garder les yeux ouverts, au côté du gouverneur de la Banque du Japon (BoJ), Masaaki Shirakawa, très digne.
 
Des médicaments contre le rhume
 
«Quelque chose comme une déclaration a été publiée...», a articulé péniblement le ministre, en réponse à une question. «Les taux d'intérêt, euh, fixés par la Banque du Japon vont de zéro à 0,25% et sont très bas...», a-t-il ajouté, au grand désarroi du gouverneur de la Banque centrale. Le taux directeur de la BoJ est en fait de 0,1%.
 
Shoichi Nakagawa a également interrompu un journaliste qui posait une question à Masaaki Shirakawa sur la politique monétaire. «Euh, euh, euh. Quoi? Est-ce que vous pouvez répéter?» Lorsqu'un autre journaliste a pris le micro, le ministre a demandé d'une voix forte: «Où êtes-vous?», en regardant du côté opposé de la salle, jusqu'à ce qu'un assistant lui indique la bonne direction.
 
A son retour au Japon, dimanche soir, Shoichi Nakagawa a démenti devant la presse avoir été sous l'emprise de l'alcool et justifié son état par l'absorption de médicaments contre le rhume. Interrogé par les journalistes sur son éventuelle démission, Shoichi Nakagawa a répondu: «C'est une décision qui relève du Premier ministre.»
 
Le gouvernement dans la tourmente

Un Premier ministre lui-même dans la tourmente. Selon un sondage réalisé au cours du week-end pour le compte de la chaîne de télévision privée NTV, le gouvernement de Taro Aso est passé pour la première fois sous la barre des 10%, enregistrant seulement 9,7% d'opinions favorables.
 
Il s'agit du plus mauvais score depuis celui enregistré par l'ancien Premier ministre Yoshiro Mori, crédité d'un taux de soutien de moins de 9% à la fin de son mandat en 2001.