Turquie : Les dirigeants de l’Union européenne en visite ce mardi à Ankara

DIALOGUE Le président du Conseil, Charles Michel, et la présidente la Commission, Ursula von der Leyen, vont rencontrer le président turc Recep Tayyip Erdogan

20 Minutes avec AFP

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La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, devant les drapeaux de la Turquie et de l'Union européenne, à Bruxelles le 19 mars 2021.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, devant les drapeaux de la Turquie et de l'Union européenne, à Bruxelles le 19 mars 2021. — Stephanie Lecocq/AP/SIPA

Après des mois de tensions, les relations entre Ankara et Bruxelles vont-elles pouvoir repartir sous un meilleur jour ? C’est tout du moins l’objectif fixé par les dirigeants de l' Union européenne qui sont attendus mardi en Turquie. Ils vont ainsi pouvoir vérifier la véracité de la récente promesse turque de promouvoir un « agenda positif ».

Le président du Conseil, Charles Michel, et la présidente la Commission, Ursula von der Leyen, doivent soumettre lors de cette visite au président turc Recep Tayyip Erdogan les modalités de la reprise graduelle des relations économiques et discuter du soutien pour les réfugiés installés dans son pays.

Les responsables turcs multiplient actuellement les appels au dialogue avec les Européens pour régler les sujets délicats, qui, outre la dispute maritime gréco-turque en Méditerranée orientale, portent notamment sur le rôle de la Turquie dans les conflits en Syrie, en Libye et plus récemment au Nagorny Karabakh. Mais les dirigeants européens ont demandé des « gestes crédibles » et des « efforts durables » de la part d’Ankara et l’ont placé sous surveillance jusqu’au mois de juin tout en agitant la menace de sanctions. Ils ont notamment demandé au président turc des actes pour démontrer sa volonté d’apaisement, notamment en lien avec son contentieux vis-à-vis de la Grèce et de Chypre, le retrait de ses troupes de Libye et le respect des droits fondamentaux dans son pays.

Probable changement de ton de Washington

La politique de l’apaisement menée depuis peu par la Turquie survient alors qu’Ankara s’inquiète d’un possible durcissement américain à son égard, avec la nouvelle administration démocrate à Washington. En guise d’encouragement à la Turquie, l’UE s’est dite prête à engager la modernisation de l’Union douanière, à reprendre le dialogue à haut niveau suspendu en 2019 sur certains sujets comme la sécurité, l’environnement ou la santé, et à accorder certaines facilités de visas pour les ressortissants turcs.

La visite de ce mardi intervient toutefois peu de temps après le retrait controversé de la Turquie d’un traité de lutte contre la violence faite aux femmes et du lancement d’une procédure judiciaire pour interdire le parti prokurde HDP, troisième grande formation politique du pays.