Jordanie : Vague d’arrestations sur fond de luttes de pouvoirs

TURBULENCES Le demi-frère du roi est assigné à résidence, il est accusé d’avoir porté atteinte à la sûreté du royaume

20 Minutes avec AFP

— 

Le loi de Jordanie, Abdallah II.
Le loi de Jordanie, Abdallah II. — Yousef Allan/AP/SIPA

Le prince Hamza, demi-frère du roi Abdallah II, et plusieurs personnes, dont deux ayant occupé des postes à responsabilités en Jordanie ont porté atteinte à la sécurité du royaume, a affirmé ce dimanche le vice-Premier ministre jordanien, au lendemain d’une vague d’arrestations pour « raisons de sécurité », notamment de proches de la famille royale.

Le demi-frère du roi, le prince Hamza, avait lui annoncé samedi avoir été « assigné à résidence » dans son palais à Amman, après avoir été accusé par l’armée d’activités contre « la sécurité du royaume ».

Deux personnalités, Bassem Awadallah et Cherif Hassan ben Zaid, ainsi que 14 à 16 autres personnes ont été arrêtées, a précisé lors d’une conférence de presse Ayman Safadi, qui occupe aussi le poste de ministre des Affaires Etrangères. « Les services de sécurité ont suivi durant une longue période les activités et les mouvements du prince Hamza ben Hussein, de Cherif Hassan ben Zaid et de Bassem Awadallah et d’autres personnes visant la sécurité et la stabilité de la patrie », a-t-il dit. « Les enquêtes ont permis de surveiller les interventions et les contacts avec des parties étrangères visant à déstabiliser la sécurité de la Jordanie », a-t-il ajouté.

Le dernier enfant du roi Hussein

Selon lui, les services de sécurité ont recommandé au roi Abdallah II de déférer toutes les personnes mises en cause devant la Cour de sûreté de l’Etat. Samedi, dans une vidéo transmise à la BBC par son avocat, le prince Hamza a affirmé que le chef d’état-major de l’armée s’était rendu à son domicile et lui avait signifié qu’il n’était « pas autorisé à sortir ». Il a nié avoir pris part à un complot et accusé les autorités de son pays de « corruption » et d'« incompétence ». Agé de 41 ans, Hamza est le dernier fils du roi Hussein, né d’un quatrième et ultime mariage avec la reine Noor, d’origine américaine.

Conformément au souhait de son père, décédé en 1999, il avait été nommé prince héritier lorsque Abdallah II était devenu roi. Mais en 2004, ce dernier lui avait retiré son titre pour le donner à son fils aîné Hussein. D’après un analyste jordanien qui ne veut pas être identifié pour des raisons de sécurité, le prince Hamza avait, ces derniers temps, « multiplié devant son cercle d’amis les critiques contre ce qu’il qualifiait de corruption au sein du pouvoir ». Selon cette même source, « il y a certainement de la rancoeur de sa part, car il n’a jamais digéré d’avoir perdu son titre de prince héritier », il y a plus de quinze ans.

Soutien des alliés arabes unanime

« L’opération de sécurité hier (samedi) est l’expression d’une ligne rouge qui ne permet pas d’être franchie quand il s’agit des intérêts supérieurs du royaume, de sa sécurité et sa stabilité », écrit le journal en une. « Certains essaient d’imaginer une tentative de coup d’Etat en Jordanie, et ils tentent d’impliquer le prince Hamza », poursuit Al Rai. Pour le journal, « certains agissements du prince (Hamza) ont été sciemment utilisés pour nuire à la sécurité et à la stabilité de la Jordanie ».

Le royaume de Jordanie doit célébrer le 11 avril son 100e anniversaire. Les monarchies du Golfe, importants partenaires de la Jordanie, petit pays dépourvu de ressources naturelles et largement dépendant des aides étrangères, ont unanimement fait bloc derrière le souverain jordanien en apportant leur plein soutien à son pouvoir, dans des déclarations séparées.