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ENGAGEMENTTotal va rester en Birmanie, tout en finançant des ONG

Birmanie : Total va rester dans le pays, tout en finançant des ONG pour les droits humains

ENGAGEMENTLe PDG du groupe, Patrick Pouyanné, considère qu’en restant sur place, Total protège la sécurité de ses personnels et ne prive pas d’électricité les Birmans et les Thaïlandais
Le logo Total (Illustration).
Le logo Total (Illustration). - A. GELEBART / 20 MINUTES / SIPA / Pixpalace
20 Minutes avec AFP

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Le géant pétrolier français fait face à des « dilemmes ». Le dossier de la Birmanie en fait partie et il a fallu trancher. Au nom de la sécurité de ses personnels et pour ne pas priver les Birmans et les Thaïlandais d’électricité, Total va rester dans le pays. Le groupe s’engage dans le même temps à financer les ONG pour les droits humains à hauteur de ce qu’il versera à l’Etat birman, a annoncé son PDG, Patrick Pouyanné, au Journal du dimanche.

« Nous avons décidé d’arrêter nos projets et nos forages en Birmanie, mais nous continuons de produire du gaz. Non pas pour maintenir nos profits ni pour continuer à verser des taxes ou impôts à la junte militaire. Mais pour garantir la sécurité de nos personnels, employés et responsables, leur éviter la prison ou le travail forcé, et surtout éviter d’aggraver encore les conditions de vie de ces populations en coupant l’électricité de millions de personnes », explique-t-il dans une tribune. « Aussi, puisque je ne peux pas prendre la décision d’arrêter la production (…), je prends aujourd’hui la décision de verser aux associations qui travaillent pour les droits humains en Birmanie l’équivalent des taxes que nous serons amenés à payer effectivement à l’Etat birman » à l’avenir.

176 millions en taxes et droits en 2020

Total est présent en Birmanie depuis 1992 et plusieurs ONG le pressent de « cesser de financer la junte ». Le groupe a versé environ 230 millions de dollars aux autorités birmanes en 2019, puis environ 176 millions en 2020, sous forme de taxes et « droits à la production », selon les documents financiers publiés par la multinationale. L’armée birmane contrôle la compagnie nationale Myanmar Oil and Gas Enterprise (MOGE), qui a des partenariats avec Total.

En décidant d’arrêter de payer impôts et taxes à l’Etat birman, « nous exposerions les responsables de notre filiale au risque d’être arrêtés et emprisonnés », plaide Patrick Pouyanné. Il souligne toutefois que Total n’a « payé aucun impôt ni taxe à la junte militaire depuis le début de la crise en février, tout simplement parce que le système bancaire ne fonctionne plus ».

Une partie de la production arrêtée

Le projet de futur développement de sa découverte de gaz sur le permis A6, une zone d’exploration située en offshore profond, à l’ouest de la Birmanie, va s’arrêter. Idem pour « la campagne de forage de puits de gaz en cours » : l’appareil de forage sera « démobilisé à compter du mois de mai ». Mais Total continuera la production offshore de gaz du champ de Yadana, car elle « fournit la moitié de l’électricité des près de 5 millions d’habitants de la ville de Rangoun » et « alimente l’ouest de la Thaïlande vers laquelle est exporté l’essentiel de ce gaz ». Et la Thaïlande a insisté sur l’importance de ces livraisons, souligne le PDG.

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