Algérie : Le procès de l’islamologue Saïd Djabelkheir s’est ouvert ce jeudi

JUSTICE Ce diplômé en sciences islamiques est accusé par sept avocats et un universitaire d'« offense aux préceptes de l’islam »

20 Minutes avec AFP

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Le tribunal de Sidi M'Hamed à Alger.
Le tribunal de Sidi M'Hamed à Alger. — RYAD KRAMDI / AFP

En Algérie, le procès d’un islamologue de renom, Saïd Djabelkheir, poursuivi pour offense à l'islam, s’est ouvert ce jeudi devant le tribunal de Sidi M’hamed à Alger, a indiqué l’un de ses avocats à l’AFP.

Saïd Djabelkheir, chercheur âgé de 53 ans, est accusé par sept avocats et un autre universitaire d'« offense aux préceptes de l’islam ». Il comparaît sans avoir été interrogé par le juge d’instruction, contrairement aux plaignants et leurs témoins qui ont été auditionnés début février. Diplômé en sciences islamiques, auteur de deux ouvrages traitant de la religion, Saïd Djabelkheir considère qu’il est « accusé par des personnes qui n’ont aucune compétence en matière de religion ».

Mariages précoces

L’universitaire affirme qu’on lui reproche d’avoir rappelé que le sacrifice du mouton - tradition musulmane – a préexisté à l’avènement de l’islam, et critiqué certaines pratiques comme le mariage précoce des jeunes filles dans certaines sociétés musulmanes.

Sur les réseaux sociaux, ses détracteurs lui reprochent d’avoir dénigré des versets du Coran et des piliers de l’islam comme le pèlerinage à La Mecque. Spécialiste du soufisme, un courant mystique et ésotérique de l’islam, il estime que ses propos ont été « intentionnellement mal interprétés dans le but de (lui) nuire ».

La loi punit de trois à cinq ans d’emprisonnement et/ou d’une amende « quiconque offense le Prophète ou dénigre le dogme ou les préceptes de l’islam, que ce soit par voie d’écrit, de dessin, de déclaration ou tout autre moyen ».