Italie : Deux fonctionnaires russes expulsés pour espionnage militaire

BYE BYE Un officier italien « aurait » fourni à un militaire russe des copies de documents militaires concernant l’Italie mais aussi l’Otan

20 Minutes avec AFP

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Une patrouille de police à Rome, en Italie, le 19 août 2016.
Une patrouille de police à Rome, en Italie, le 19 août 2016. — LIONEL URMAN/SIPA

Au lendemain de l’arrestation en flagrant délit d’un officier de la marine italienne qui remettait à un militaire russe des documents « classifiés » contre une somme d’argent, deux fonctionnaires russes ont été expulsés d’Italie, ce mercredi, ont déclaré les forces de l’ordre dans un communiqué.

« Dans la soirée d’hier » (mardi), des gendarmes d’une unité spéciale « ont arrêté un officier de la marine militaire », explique le communiqué.

L’ambassadeur de Russie à Rome convoqué

L’opération, réalisée sous la supervision du contre-espionnage italien et de l’état-major de la Défense, « a visé un capitaine de frégate de la marine militaire et un officier accrédité auprès de l’ambassade de la Fédération de Russie, tous les deux étant accusés de graves délits concernant l’espionnage et la sécurité de l’Etat », ont précisé les forces de l’ordre. « L’intervention a eu lieu au moment d’une rencontre clandestine entre les deux hommes, surpris en flagrant délit de remise de documents classifiés par l’officier italien en échange d’une somme d’argent », qui selon plusieurs médias italiens s’élève à 5.000 euros en espèces.

L’officier italien a été arrêté, tandis que le militaire russe est protégé par son statut diplomatique. Le ministère italien des Affaires étrangères a convoqué mercredi l’ambassadeur de Russie à Rome, auquel « nous avons transmis la ferme protestation du gouvernement italien et notifié l’expulsion immédiate de deux fonctionnaires russes impliqués dans cette très grave affaire », a annoncé en milieu de journée le chef de la diplomatie italienne Luigi Di Maio. On ignore dans l’immédiat si l’officier pris en flagrant délit figure au nombre des expulsés.

Tensions entre la Russie et l’Europe

A Moscou, le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a affirmé que la présidence russe ne « disposait d’aucune information sur les causes et les circonstances » de cette affaire. « Nous espérons que le caractère positif et constructif des relations russo-italiennes (…) sera préservé », a-t-il ajouté. Selon l’agence de presse italienne AGI citant des sources judiciaires, l’officier italien « aurait » fourni à son interlocuteur des copies de documents militaires concernant l’Italie mais aussi l’Otan et l’échange « se serait » produit sur un parking de la capitale.

Cette affaire intervient sur fond de tensions dans les relations entre la Russie et l’Europe, notamment à cause de l’emprisonnement de l’opposant Alexeï Navalny et de plusieurs autres cas d’espionnage. Moscou accuse l’Union européenne d’avoir une position « conflictuelle » à son égard, tandis que l’UE impute à la Russie la dégradation des relations, l’exhortant à des « progrès soutenus » sur les droits humains, ainsi qu’à « la cessation des cyberattaques » contre ses Etats membres.

Espionnage russe en Bulgarie

Ainsi, plusieurs parlementaires allemands et d’autres personnalités politiques ont fait l’objet d’une attaque informatique récente dont la piste pourrait remonter jusqu’à la Russie, d’après plusieurs médias allemands.

De même, la Bulgarie a annoncé il y a une dizaine de jours l’expulsion de deux diplomates russes après la découverte d’un réseau d’espionnage présumé au profit de la Russie, une décision qui intervient là aussi dans un contexte de tensions entre ces deux pays. Enfin, un officier français en poste sur une base de l’Otan en Italie soupçonné d’avoir fourni des documents ultrasensibles aux services secrets russes a été écroué en août à Paris.