Hugo Chavez passe au vote

MONDE Il demande, par référendum, dix ans supplémentaires pour mener à bien ses réformes. Alors que le vote a lieu ce dimanche, l'opposition crie à la dictature...

Avec agence

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Le président vénézuélien Hugo Chavez a espéré samedi que l'expulsion la veille d'un eurodéputé espagnol qui l'avait traité de "dictateur", "ne nuirait en rien" aux relations de son pays avec l'Espagne, tout en estimant que son attitude avait été "lamentable" et "indigne".
Le président vénézuélien Hugo Chavez a espéré samedi que l'expulsion la veille d'un eurodéputé espagnol qui l'avait traité de "dictateur", "ne nuirait en rien" aux relations de son pays avec l'Espagne, tout en estimant que son attitude avait été "lamentable" et "indigne". — Ho AFP

Quelque 17 millions de Vénézuéliens sont appelés aux urnes dimanche pour se prononcer sur un amendement constitutionnel qui permettrait au président Hugo Chavez, au pouvoir depuis dix ans, de postuler à nouveau en 2012.

Le scrutin organisé très rapidement après les élections régionales et municipales du 23 novembre, marquées par n recul du chavisme, porte sur un amendement proposant que président, gouverneurs, maires et députés puissent être élus sans limite de mandat.

Le 2 décembre 2007, les électeurs avaient déjà rejeté une vaste réforme de la constitution d'inspiration socialiste qui prévoyait aussi la possibilité de ré-élire le président au-delà de deux mandats de six ans, comme le prévoit le texte actuel.

Confiance

«J'ai une foi renforcée concernant le résultat de dimanche. Ma confiance en la victoire est infiniment plus grande que le 1er décembre 2007», a déclaré samedi Hugo Chavez.

Si l'amendement était approuvé, a-t-il argumenté, «le gouvernement sera renforcé» pour poursuivre sa révolution bolivarienne. Pour ce faire, il a besoin de dix années supplémentaires. «Dix ans, ce n'est rien», a assuré le président socialiste, qui souhaite rester au pouvoir jusqu'en 2019.

«S'il n'obtient pas une modification de la loi fondamentale, Chavez ne pourra pas se présenter aux élections de 2012 et devra quitter la présidence début 2013, analyse l’agence Reuters. Privé de ce personnage charismatique, son Parti socialiste unifié (PSUV) a peu de chance de se maintenir au pouvoir.»

«Dix ans, ce n'est rien»

«Non à la réélection illimitée», pouvait-on lire sur les pancartes de l'opposition, qui dénoncent aussi la «corruption», «l'inflation» - qui a dépassé les 30% en 2008, ou encore la misère.

A Luis Herrero, eurodéputé espagnol du Parti populaire (PP, droite) expulsé vendredi soir du Venezuela pour avoir publiquement traité Chavez de «dictateur», le chef de l’Etat répond que c’est une attitude «lamentable» et «indigne».