Coronavirus en Italie : Les hôteliers inquiets de la concurrence espagnole

TOURISME « Sans indication claire » de la part des autorités italiennes, « les touristes vont ailleurs. On fait cadeau de nos touristes à l’étranger », a expliqué le président de la Fédération des hôteliers italiens

20 Minutes avec agences

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Panneau qui indique l'accueil d'un hôtel (illustration).
Panneau qui indique l'accueil d'un hôtel (illustration). — GILE MICHEL/SIPA

Des centaines d’hôteliers italiens ont pris d’assaut les lignes téléphoniques de leur fédération pour protester contre le fait que Rome tolère des voyages touristiques en dehors du pays, tout en bannissant les déplacements à l’intérieur de la péninsule. En raison des restrictions anti-Covid en vigueur, « je ne peux pas sortir de ma commune, mais je peux m’envoler pour les Canaries, c’est absurde » alors que « 85 % des hôtels en Italie sont obligés de rester fermés », a dénoncé ce lundi le président de la Fédération des hôteliers italiens, Federalberghi.

« Les hôteliers ont l’impression qu’on se moque d’eux. Les règles doivent être respectées, mais elles doivent être les mêmes pour tout le monde […] autrement on tue le tourisme italien », a-t-il déclaré dans un entretien au Corriere della Sera. Interrogé par des tour-opérateurs, le ministère de l’Intérieur avait précisé la semaine dernière que les déplacements à l’aéroport pour rallier notamment des destinations touristiques en Europe étaient autorisés.

« On fait cadeau de nos touristes »

Pour voyager à l’étranger, « il suffit de faire un test Covid au départ et au retour […] Et les autres pays en profitent. Il paraît que l’Espagne dit 'venez chez nous' et la Grèce se prépare pour l’été depuis des mois », poursuit-il. En Italie, « nous avions proposé des tests Covid dans les hôtels à l’arrivée et au départ, mais cela a été refusé », déplore-t-il.

« Sans indication claire » de la part des autorités italiennes, « les touristes vont ailleurs, on fait cadeau de nos touristes à l’étranger », souligne le responsable. Les stations balnéaires d’Espagne se préparent ainsi à accueillir pour Pâques de nombreux touristes allemands malgré les appels à ne pas voyager du gouvernement d’Angela Merkel.

L’Italie en « zone rouge » pour Pâques

Quant à l’Italie, cinquième destination mondiale, seuls 25,53 millions de visiteurs étrangers y ont posé leurs valises en 2020, soit 60 % de moins qu’en 2019. Les recettes du pays liées au tourisme international ont plongé à 17,45 milliards d’euros en 2020, contre 44,3 milliards un an auparavant, selon la Banque d’Italie.

Et le tourisme national est freiné par les mesures en vigueur en raison de la pandémie. Ainsi pour la période de Pâques, du 3 au 5 avril, toute l’Italie sera classée en « zone rouge », à risque élevé, assortie de très fortes restrictions de déplacements.