Coronavirus au Venezuela : Nicolas Maduro propose d’échanger du pétrole contre des vaccins

TROC Le pays est frappé par des sanctions économiques internationales qui réduisent drastiquement le nombre de clients pour son or noir

20 Minutes avec AFP

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Une enseignante reçoit une dose de vaccin Sinopharm, à Caracas le 25 mars 2021.
Une enseignante reçoit une dose de vaccin Sinopharm, à Caracas le 25 mars 2021. — Ariana Cubillos/AP/SIPA

Nicolas Maduro tente de contourner les sanctions internationales qui frappent le secteur pétrolier de son pays. Le président vénézuélien a proposé dimanche du « pétrole contre des vaccins » alors que son pays fait face à une deuxième vague de coronavirus. Avec cette proposition de troc, le chef de l’Etat espère ainsi trouver des débouchés à son or noir qu’il peine à commercialiser.

« Le Venezuela a des pétroliers, a des clients prêts à nous acheter du pétrole. Il consacrerait une partie de sa production pour obtenir les vaccins dont il a besoin. Du pétrole contre des vaccins ! », a lancé Nicolas Maduro, lors d’une intervention à la télévision publique. « Nous sommes prêts. Pétrole contre vaccins ! Mais nous n’allons les mendier à personne », a-t-il ajouté, dans une claire allusion à une initiative du principal opposant Juan Guaido qui a promis de libérer des fonds vénézuéliens aux Etats-Unis pour acheter des vaccins.

Le précédent irakien

Le Venezuela et sa compagnie pétrolière PDVSA font l’objet de sanctions économiques internationales notamment de la part des Etats-Unis qui veulent évincer du pouvoir Maduro. Ancien géant pétrolier, le Venezuela produisait 520.000 barils/jour en février 2021, selon l’Opep, loin des 3 millions qu’il produisait en 2013. La chute de la production est antérieure aux sanctions mais le pays peine à trouver des clients en raison de celles-ci.

La formule « pétrole contre vaccins » fait surtout écho au programme « Pétrole contre nourriture » mis en place par l’ONU pour venir en aide aux populations irakiennes malgré les sanctions économiques édictées après l’invasion du Koweït par l’Irak en 1990.

Non à AstraZeneca

Le Venezuela a lancé en février une campagne de vaccination contre le Covid-19 avec les vaccins russe Spoutnik V et chinois Sinopharm et doit en outre recevoir 60.000 vaccins cubains. Il avait auparavant réservé entre 1,4 et 2,4 millions de doses de ce vaccin à travers le dispositif Covax de l’ Organisation mondiale de la Santé pour les pays les plus démunis.

Aucun de ces vaccins n’est arrivé en raison d’un problème de dettes du Venezuela envers l’OMS, et le président Maduro tente depuis des semaines de débloquer des fonds gelés pour régler le litige. Le Venezuela a fait en outre part le 15 mars de sa décision de refuser l’AstraZeneca, en raison d’éventuels effets secondaires, mais demande à recevoir des vaccins d’un autre fabricant.

Le pays de 30 millions d’habitants a enregistré 154.165 cas pour 1.532 décès selon le bilan officiel du 25 mars, des chiffres mis en doute par l’opposition alors que les hôpitaux et cliniques sont saturés selon des témoins. Les autorités s’inquiètent désormais de l’augmentation récente du nombre de cas et notamment de l’apparition du variant brésilien du virus.