Indonésie : Un attentat suicide devant une cathédrale fait au moins 14 blessés

TERRORISME L’explosion a eu lieu vers 10 heures 30 à la fin de la messe des Rameaux dans la ville de Makassar

20 Minutes avec AFP

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La police devant la cathédrale de la ville indonésienne de Makassar, le 28 mars 2021.
La police devant la cathédrale de la ville indonésienne de Makassar, le 28 mars 2021. — Yusuf Wahil/AP/SIPA

L’Indonésie doit une nouvelle fois faire face à une attaque terroriste. Au moins 14 personnes ont été blessées dimanche dans un attentat suicide qui a visé la cathédrale de Makassar, dans l’est du pays, après la messe des Rameaux, célébration qui marque pour les Chrétiens le début de la Semaine Sainte.

La puissante déflagration s’est produite vers 10 heures 30 (5 heures 30 en France). Si la police a donné le chiffre provisoire de 14 blessés, elle n’a cependant pas donné de précision sur leur état de santé.

La police tente d’identifier les assaillants

« Deux personnes circulaient à moto quand l’explosion s’est produite au principal portail de l’église, les assaillants tentaient d’entrer dans le périmètre de l’église », a déclaré le porte-parole de la police nationale Argo Yuwono. « La moto a été détruite et il y a des morceaux de corps. Nous sommes toujours en train de ramasser les morceaux et d’essayer d’identifier le sexe des assaillants. »

Un peu plus tôt, la police de la province de Sulawesi du Sud, dont Makassar est la capitale, avait indiqué qu’un assaillant au moins avait péri. La police nationale n’a pas confirmé cette information. « Il y a beaucoup de lambeaux de corps humains près de l’église et aussi dans la rue », a déclaré de son côté Mohammad Ramdhan, le maire de cette ville portuaire de 1,5 million d’habitants.

La messe venait de prendre fin

La police a affirmé qu’un agent de sécurité avait tenté d’empêcher la moto d’entrer dans le périmètre de la cathédrale du Sacré-Coeur-de-Jésus, siège de l’archidiocèse de Makassar juste avant la déflagration. « Nous avions terminé la messe et les gens rentraient chez eux quand cela s’est produit », a déclaré le prêtre Wilhelmus Tulak. De nombreux véhicules étaient endommagés près du complexe de la cathédrale, autour duquel la police établissait un cordon de sécurité.

Les églises ont par le passé été la cible d’extrémistes en Indonésie, pays à majorité musulmane le plus peuplé au monde. En mai 2018, une famille avait déclenché des bombes contre trois églises de Surabaya. Le même jour une autre famille a détonné, apparemment par accident, une bombe dans un appartement et le jour suivant une troisième a commis une attaque suicide contre un poste de police. Ces attentats, qui avaient fait au total 15 victimes et 13 morts chez les assaillants, avaient été les plus meurtriers en plus d’une décennie dans l’archipel. Les trois familles radicalisées étaient liées au mouvement radical Jamaah Ansharut Daulah (JAD), qui soutient le groupe Etat islamique (EI). Et les attaques avaient été revendiquées par l’EI.