Coronavirus aux Etats-Unis : Primes, congés et bonus pour inciter les salariés à se faire vacciner

PANDEMIE Une entreprise californienne verse 500 dollars à tous les employés à temps plein acceptant de se faire vacciner contre le Covid-19

20 Minutes avec AFP
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Une vaccination aux Etats-Unis à Los Angeles, le 25 mars 2021.
Une vaccination aux Etats-Unis à Los Angeles, le 25 mars 2021. — AFP

Prime allant jusqu’à 500 dollars, transport remboursé, dédommagement en heures payées… Aux Etats-Unis, certains patrons, désireux de retrouver une activité normale, emploient les grands moyens pour encourager leurs salariés à se faire vacciner contre le Covid-19.

Des secteurs à fort besoin de main-d’œuvre comme les supermarchés, les abattoirs ou les exploitations agricoles, ont pris les devants. La société californienne Bolthouse Farms, qui vend des carottes, des smoothies et des jus, organise ainsi toutes les semaines des sessions d’immunisation sur son principal site et verse 500 dollars à tous les employés à temps plein acceptant la piqûre.

Un bonus de 100 dollars

Aux Etats-Unis, les entreprises peuvent en effet organiser elles-mêmes des centres de vaccination si elles s’engagent à les faire fonctionner sur les heures de travail, gratuitement et pour tous les travailleurs, salariés comme sous-traitants. Le géant de la viande JBS propose 100 dollars aux employés vaccinés et a distribué des documents en plusieurs langues pour insister sur la sécurité et l’efficacité de l’immunisation. Mi-mars, environ un tiers de ses 60.000 salariés avaient reçu une première dose.

Plusieurs grandes chaînes de supermarchés dédommagent leurs employés de deux ou quatre heures payées. Cela « élimine le besoin de choisir entre gagner sa vie et protéger sa santé », avait souligné le responsable des magasins bon marché Aldi aux Etats-Unis en janvier. Au besoin, la chaîne Target rembourse jusqu’à 30 dollars de trajet.

Les magasins Kroger proposent quant à eux de verser un bonus de 100 dollars aux vaccinés comme à ceux refusant la piqûre pour des raisons médicales ou religieuses, à condition qu’ils suivent un programme d’éducation sur la santé. Les « petits boulots » sont aussi pris en compte : la plateforme de livraison de courses Instacart propose 25 dollars à ses livreurs, qui ne sont pas des employés.

Vaccination obligatoire

Le patron de la compagnie United Airlines, Scott Kirby, avait évoqué en janvier la possibilité de rendre le vaccin obligatoire pour ses pilotes, membres d’équipage et autres salariés. L’entreprise n’est pas encore à ce stade, a indiqué jeudi à l’AFP un porte-parole : elle est encore en train d’examiner qui peut avoir accès au vaccin dans les différents Etats et comment assurer l’approvisionnement.

Mais les entreprises peuvent de façon générale obliger leurs employés à se faire vacciner aux Etats-Unis, indique à l’AFP Dorit Reiss, professeure à l’Ecole de droit Hastings de l’Université de Californie. « A quelques réserves près », ajoute-t-elle toutefois. Les vaccins actuellement utilisés aux Etats-Unis sont sous le régime inhabituel, pour un médicament destiné à l’ensemble de la population, d’une autorisation en urgence et « le cadre légal est encore incertain », remarque la juriste en soulignant que chaque Etat peut avoir ses propres consignes.

Les entreprises peuvent aussi, le cas échéant, avoir à négocier avec les syndicats. Certains employés peuvent par ailleurs faire valoir des exceptions pour raisons médicales ou religieuses. Dans le même temps, des employeurs peuvent aussi être poursuivis pour ne pas avoir agi suffisamment énergiquement pour éviter un foyer de contaminations, remarque Dorit Reiss. Selon un sondage diffusé en février par la Société de gestion des ressources humaines (SHRM), seuls 5 % des patrons américains avaient l’intention d’imposer le vaccin à tout ou partie de leurs employés.