Rennes : Menacé de mort par les talibans, un journaliste afghan craint d’être expulsé

LIBERTE DE LA PRESSE Actuellement assigné à résidence dans un foyer à Rennes, Elyaas Ehsas espère obtenir le droit d’asile en France

J.G. avec AFP
Le journaliste afghan Elyaas Ehsas travaillait dans son pays pour une chaîne de télévision.
Le journaliste afghan Elyaas Ehsas travaillait dans son pays pour une chaîne de télévision. — Elyaas Ehsas

Il est actuellement assigné à résidence dans un foyer à Rennes. Mais Elyaas Ehsas, menacé de mort par les talibans, craint pour sa vie s’il est expulsé de France. Le journaliste afghan de 27 ans, qui travaillait dans son pays pour une chaîne de télévision, appartient à la communauté hazara, une communauté chiite discriminée et ciblée par les talibans sunnites. La Fédération internationale des journalistes et ses membres français du SNJ et du SNJ-CGT a lancé un appel aux autorités françaises « pour qu’elles trouvent une solution humanitaire à notre confrère afghan » qui « doit obtenir sans plus attendre un droit d’asile dans la patrie de la Déclaration des droits de l’Homme ».

En France, Elyaas Ehsas est considéré comme « dubliné », du nom d’un règlement européen de 2013 qui implique son renvoi vers le pays de l’Union Européenne où il a été initialement enregistré. Or, le journaliste craint que, une fois en Suède, les autorités de ce pays ne le renvoient en Afghanistan. « Je crains pour ma vie à cause des menaces des talibans, si je suis contraint de rentrer dans mon pays », raconte-t-il.

Il a fui son pays pour rejoindre la Suède puis la France

« Juridiquement, il n’y a plus de recours. C’est très difficile de faire prendre en compte la situation des « dublinés » malgré les menaces qui pèsent sur ce journaliste », commente Carole Bohanne, du MRAP.

Alors qu’il travaillait à Kaboul « les talibans [l]'ont appelé et [lui] ont demandé de collaborer avec eux », explique-t-il. « Ils m’ont demandé de leur prouver que j’étais un moudjahid et un vrai musulman. Et, si ce n’était pas le cas, ils viendraient me tuer. » C’était en 2015. Elyaas Ehsas a alors pris la route de l’exil jusqu’en Suède, où il est arrivé en 2017. Sa demande d’asile rejetée, il a repris la route l’an dernier pour venir en France et déposer une demande d’asile politique en 2020.