Russie : Alexeï Navalny affirme être « torturé » en détention par privation de sommeil

EMPRISONNEMENT Son avocate, Olga Mikhaïlova, a également indiqué ce jeudi que l’opposant souffrait de « fortes douleurs » au dos et à la jambe droite

20 Minutes avec AFP

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L'opposant russe Alexeï Navalny au tribunal le 16 février 2021.
L'opposant russe Alexeï Navalny au tribunal le 16 février 2021. — SPUTNIK/SIPA

Emprisonné depuis début mars en Russie, l’opposant Alexeï Navalny a accusé ses geôliers de le soumettre à une forme de torture par privation de sommeil, a-t-il fait savoir dans une plainte aux services de sécurité russe publiée sur son site, ce jeudi.

Les gardes « me privent de sommeil, il s’agit de facto d’un recours à la torture par privation de sommeil », écrit-il, expliquant être réveillé « huit fois par nuit » par les hommes du pénitentiaire russe où il est détenu.

Navalny craint pour sa « vie et sa santé »

Dans une autre demande officielle envoyée à l’administration pénitentiaire et au parquet général, Alexeï Navalny, qui a subi une tentative d’empoisonnement en août dernier par agent neurotoxique, demande à recevoir des soins, alors que ses partisans ont affirmé que sa santé se dégradait.

Son avocate, Olga Mikhaïlova, a ainsi indiqué ce jeudi que l’opposant souffrait de « fortes douleurs » au dos et à la jambe droite, tout en disant craindre pour la « vie et la santé » de son client. « Pour moi son état de santé est bien sûr extrêmement problématique », a affirmé à la chaîne russe d’opposition Dojd Olga Mikhaïlova, qui a finalement rencontré ce jeudi l’opposant dans sa colonie pénitentiaire après avoir échoué à le voir la veille.

Elle a ajouté que Alexeï Navalny avait été conduit mercredi soir dans un « hôpital public » où il a pu effectuer un examen IRM, sans qu’un diagnostic ne lui soit toutefois transmis. Olga Mikhaïlova a souligné qu’elle essayait en vain « depuis quatre semaines » de transmettre des « médicaments normaux » à son client et de le faire examiner par un médecin autre celui que la prison. Selon elle, il ne reçoit pour l’heure que des anti-inflammatoires et des pommades.

Une prison réputée dure

Condamné en février à deux ans et demi de prison pour une affaire de fraude datant de 2014, que lui-même, les ONG et de nombreuses capitales occidentales jugent politique, l’opposant est emprisonné depuis début mars dans une colonie pénitentiaire réputée très dure à Pokrov, à 100 km de la capitale russe.

Il a été arrêté en janvier dès son retour à Moscou après cinq mois de convalescence en Allemagne, où il se remettait de son empoisonnement, et jugé dans la foulée. Il était tombé subitement dans le coma en août dernier en Sibérie. Après son évacuation en Allemagne, plusieurs laboratoires européens ont estimé qu’il avait été empoisonné à l’aide d’un agent innervant de conception soviétique, le Novitchok.