Corée du Nord : Pyongyang lance deux projectiles dans la mer du Japon, « des missiles balistiques » selon Tokyo

ARMES Le lancement de ce type d’engin, s’il est confirmé, constituerait un défi pour l’administration du président américain Joe Biden

20 Minutes avec AFP

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Kim Jong-un supervisant un tir de missile en Corée du Nord, le 17 août 2019.
Kim Jong-un supervisant un tir de missile en Corée du Nord, le 17 août 2019. — AFP

Nouveaux tirs en Corée du Nord. Pyongyang a procédé ce jeudi au lancement de deux missiles dans la mer du Japon. Le tir a d’abord été annoncé à Séoul, où l’état-major interarmes sud-coréen a déclaré dans un communiqué que deux « projectiles non identifiés » avaient été lancés dans la mer du Japon, appelée « mer de l’Est » en Corée, depuis la province de Hamgyong du Sud, située dans le centre-est de la Corée du Nord.

Les missiles ont parcouru une trajectoire de 450 kilomètres et atteint une attitude maximale de 60 kilomètres, a déclaré l’état-major sud-coréen, qui n’a pas spécifié précisément de quel type d’engin il s’agissait.

« Des missiles balistiques » selon le Japon

La Maison Bleue, le palais présidentiel sud-coréen, a annoncé une réunion imminente du conseil de sécurité nationale, indiquant que l’armée sud-coréenne avait « renforcé sa posture de surveillance, en coordination rapprochée avec les Etats-Unis », principal allié de la Corée du Sud.

Au Japon, autre allié régional des Etats-Unis, le Premier ministre Yoshihide Suga a été catégorique : il a déclaré que les projectiles lancés ce jeudi étaient des missiles balistiques. « Cela menace la paix et la sécurité de notre pays et de la région. C’est aussi une violation de la résolution de l’ONU », a déclaré le chef du gouvernement japonais.

« Une violation de la résolution de l’ONU »

Plusieurs résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies interdisent au pouvoir de Pyongyang la poursuite de ses programmes d’armements nucléaires et de missiles balistiques. Mais la Corée du Nord, bien que frappée par de multiples sanctions internationales, a rapidement développé ces dernières années ses capacités militaires sous la direction de son leader Kim Jong Un. Elle a procédé à plusieurs essais nucléaires et testé avec succès des missiles balistiques capables d’atteindre les Etats-Unis.

La Corée du Nord avait lancé deux missiles dimanche peu après une visite à Séoul du secrétaire d’Etat américain Antony Blinken et du secrétaire à la Défense Lloyd Austin. Il s’agissait du premier tir nord-coréen connu depuis l’arrivée à la Maison Blanche du président Joe Biden. Mais des responsables américains avaient indiqué par la suite qu’il s’agissait de deux missiles de courte portée, non balistiques. Ces responsables avaient donc minimisé l’importance des tirs en expliquant que ces engins étaient classés « dans la catégorie des activités militaires normales du Nord ».

Pression de Pyongyang sur Washington

Le lancement d’engins de ce type, s’il est confirmé, constituerait un défi pour l’administration du président américain Joe Biden. Le lancement de jeudi « signale le début d’une pression de Pyongyang sur Washington pour des discussions sur le nucléaire », a déclaré Yoo Ho-yeol, professeur émérite d’études nord-coréennes à l’Université de Corée.

Des responsables américains ont déclaré que l’administration Biden avait tenté depuis son arrivée d’entrer en contact avec Pyongyang par plusieurs canaux, mais qu’elle n’avait pas obtenu de réponse.