La France rouvrira lundi son ambassade à Tripoli, annonce Emmanuel Macron

DIPLOMATIE L’ambassade de France en Libye est fermée depuis 2014, tout en restant active

Manon Aublanc
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Emmanuel Macron.
Emmanuel Macron. — STEPHANE MAHE / POOL / AFP

Après avoir reçu le président du conseil présidentiel libyen, Mohammed el-Menfi, ce mardi, Emmanuel Macron a annoncé que l'ambassade de France en Libye, dans la capitale Tripoli, rouvrirait lundi.

« Dès lundi, notre ambassade à Tripoli sera rouverte », a déclaré le président, alors que la représentation diplomatique avait été fermée en 2014, tout en restant active, délocalisée en Tunisie. « Ce n’est pas simplement un soutien de mots ou de façade, c’est un soutien complet qui sera celui de la France », a promis Emmanuel Macron ajoutant que « nous avons une dette à l’égard de la Libye et des Libyens, très claire, qui est une décennie de désordre » consécutive à la chute de Mouammar Kadhafi en 2011, renversé par son peuple après une intervention militaire occidentale, ouvrant une période de chaos et de guerre dans le pays.

Une décennie de conflit

Une décision qui intervient après la décision du gouvernement parallèle situé dans l’Est de la Libye, non reconnu par la communauté internationale, qui a officiellement remis mardi le pouvoir au nouvel exécutif unifié d’Abdelhamid Dbeibah, lors d’une cérémonie à Benghazi. La passation s’est déroulée au siège du gouvernement parallèle, basé dans la deuxième ville de Libye et dirigé jusqu’à ce jour par Abdellah al-Theni.

Le nouveau gouvernement unifié était représenté par Hussein Attiya al-Gotrani, un des deux vice-Premiers ministres d’Abdelhamid Dbeibah, accompagné de quelques ministres dont celui de l’Intérieur Khaled Mazen, venus de Tripoli. « La phase de divisions est terminée (…), le gouvernement d’union nationale est au service de tous les citoyens, quelle que soit leur région », a déclaré Hussein Attiya al-Gotran dans un bref discours. La Libye tente de s’extraire d’une décennie de conflit, depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi, un chaos marqué par l’existence ces dernières années de pouvoirs rivaux, en Tripolitaine (ouest) et Cyrénaïque (est).

Une transition politique jusqu’en décembre

D’autres pays ont récemment annoncé qu’ils allaient rouvrir prochainement leur ambassade à Tripoli, comme Malte et l’Egypte. Le nouvel exécutif libyen – constitué du gouvernement Dbeibah et d’un conseil présidentiel – doit permettre de clore le chapitre sanglant des divisions. Il est né d’un processus onusien mis sur orbite en février à Genève avant un vote de confiance « historique » du Parlement ce début de mois. Il doit mener la transition en Libye jusqu’à des élections nationales prévues le 24 décembre. Mardi dernier, le Gouvernement d’union nationale (GNA) de Fayez al-Sarraj, installé en 2016 dans l’ouest de la Libye, avait lui aussi remis le pouvoir au gouvernement Dbeibah et au Conseil présidentiel.

Lui aussi issu d’un accord politique parrainé par l’ONU, le GNA n’avait jamais obtenu la confiance du Parlement et se disputait depuis le pouvoir avec les autorités parallèles de l’Est. Cette région est contrôlée de facto par le militaire septuagénaire Khalifa Haftar, chef de l’autoproclamée Armée nationale libyenne (ANL), qui n’a officiellement pas pris part aux pourparlers politiques. Un certain flou entoure son avenir politique, alors que sa légitimité est de plus en plus remise en cause, y compris dans son fief.