Qatar : Un nouveau salaire minimum à un euro de l’heure entre en vigueur

DROIT DU TRAVAIL Ce salaire minimum concernera surtout les travailleurs immigrés, très nombreux sur les chantiers de la Coupe du monde de football 2022

20 Minutes avec agences

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Des ouvriers sur le chantier de l'Al Bayt Stadium, au Qatar.
Des ouvriers sur le chantier de l'Al Bayt Stadium, au Qatar. — Feil/M.i.S/PIXATHLON/SIPA

Au Qatar, un nouveau salaire minimum de 230 euros par mois (1.000 rials), soit un euro de l’heure, est entré en vigueur samedi, selon les médias officiels. Ce salaire est applicable aux Qataris comme aux nombreux travailleurs immigrés, dont une grande partie travaille comme employés de maison ou ouvriers sur les chantiers de la Coupe du monde de football 2022.

Cette nouvelle législation concernera surtout ces travailleurs immigrés car très rares sont les Qataris qui touchent le salaire minimum. Auparavant, celui-ci était fixé à 750 rials (173 euros) par mois. Par ailleurs, les employeurs sont désormais tenus de fournir le gîte et le couvert ou une allocation supplémentaire de 800 rials par mois (180 euros) pour la nourriture et le logement.

400.000 travailleurs concernés, selon l’OIT

Pour l’ONG Migrant Rights, ce nouveau salaire minimum est trop bas et ne reflète pas le coût élevé de la vie au Qatar. Le ministère du Travail a de son côté estimé que ces changements allaient « stimuler les investissements dans l’économie locale et favoriser la croissance économique ». « Le Qatar est le premier pays de la région à introduire un salaire minimum non discriminatoire », a déclaré l’Organisation internationale du travail (OIT) dans un communiqué vendredi, précisant que « plus de 400.000 travailleurs, soit 20 % du secteur privé, en bénéficieront directement ».

Le Qatar a procédé à une série de réformes de sa réglementation du travail depuis qu’il a été sélectionné pour accueillir la Coupe du monde de football en 2022. Le pays, qui se livre à d’énormes travaux publics dépendant des travailleurs étrangers, est particulièrement scruté par les organisations internationales et les ONG.