Coronavirus en Allemagne: Merkel veut prolonger les restrictions en Allemagne en avril

CONFINEMENT L'Allemagne a enregistré samedi 16.000 nouveaux cas de contamination et 207 morts de plus

20 Minutes avec AFP

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Angela Merkel le 19/03/21 à Berlin.
Angela Merkel le 19/03/21 à Berlin. — Action Press//SIPA

Les autorités allemandes s’apprêtent lundi à donner un nouveau tour de vis pour contrer la troisième vague de Covid-19, au risque de plonger un peu plus le pays dans le marasme et de nourrir la grogne. Angela Merkel et les régions allemandes se retrouvent à cette occasion pour une nouvelle réunion sur la stratégie anti-pandémie.

Mais alors qu’elle devait être consacrée il y a quelques semaines encore à de nouveaux assouplissements du confinement partiel, l’ordre du jour a complètement changé face à la propagation du variant britannique du virus.Plusieurs régions allemandes plaident pour une prolongation des restrictions anti-Covid en place actuellement dans le pays en raison de la troisième vague de la pandémie, selon un document obtenu dimanche par l’AFP. .La date exacte doit être déterminée lundi. Le document parle d’une « dynamique exponentielle » des infections.

La « bonne élève » de la lutte contre le coronavirus ne l’est plus

Le taux d’incidence national est passé dimanche au-dessus du seuil symbolique de 100 (à 103,9), qui déclenche des « freins d’urgences », à savoir de nouvelles restrictions ou annulations d’assouplissements récemment décrétés. « Nous allons malheureusement devoir utiliser ces freins », a prévenu vendredi Angela Merkel. Elle est soutenue par plusieurs responsables régionaux, dont l’un des favoris pour lui succéder au pouvoir, le Bavarois Markus Söder.

En trois semaines, la donne a complètement changé en Allemagne, « bonne élève » européenne de la gestion pandémique au printemps dernier et désormais menacée d’être submergée par une troisième vague. Les réouvertures envisagées le 4 avril en cas d’amélioration des indicateurs épidémiques, dans le domaine de la restauration en plein air ou de lieux culturels et sportifs notamment, paraissent désormais des perspectives très lointaines.

Pas assez de personnes vaccinées

L’Allemagne table sur la montée en puissance de sa campagne de vaccination pour stopper cette dynamique. Les vaccinations avec le vaccin AstraZeneca ont ainsi repris vendredi, après quatre jours d’interruption, et plus de 7 millions de personnes ont au moins reçu une dose, soit moins de 10 % de la population.

Mais « une analyse honnête de la situation montre qu’il n’y a pas encore assez de vaccins en Europe pour arrêter la troisième vague par la seule vaccination », admet le ministre de la Santé, Jens Spahn. C’est lorsque les groupes à risques seront vaccinés « que nous pourrons parler d’ouvertures plus larges de la société », prévient-il.

La grogne augmente

Mais comme ailleurs en Europe, l’usure de la population et des secteurs économique et culturel se fait sentir un an après les premières fermetures provoquées par la pandémie. Si les fermetures d’une grande partie des magasins perdurent, quelque 120.000 d’entre eux pourraient ainsi disparaître, estime l’Association allemande du commerce de détail.

La popularité de la chancelière et surtout de son parti conservateur, plombé par des scandales d’enrichissement de députés grâce à des achats de masques, en pâtit. La victoire de la droite aux élections de septembre, qui semblait acquise, n’est ainsi plus du tout assurée, selon de récents sondages. Les manifestations d’opposants aux restrictions sont-elles de plus en plus violentes, à l’image d’un rassemblement organisé samedi à Cassel, dans le centre de l’Allemagne, émaillé d’incidents avec la police.