Vaccination : Ursula Von der Leyen menace de durcir les conditions pour l'exportation de vaccins

PANDEMIE L’Union européenne veut faire peser cette menace dans la balance, alors qu’elle subit de nombreux retards de livraisons de vaccins anti-Covid

20 Minutes avec AFP

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La présidente de la Commission européenne, le 24 décembre 2020 à Bruxelles.
La présidente de la Commission européenne, le 24 décembre 2020 à Bruxelles. — Francisco Seco/AP/SIPA

La Commission européenne a menacé ce mercredi de durcir les conditions d’exportation hors UE des vaccins anti-Covid qui y sont produits, dans le cadre du mécanisme de contrôle institué fin janvier, alors que le continent pâtit des retards importants de livraison des laboratoires.

« Les routes doivent être ouvertes dans les deux sens […] Nous exportons beaucoup de vaccins vers des pays qui en produisent eux-mêmes. C’est une invitation pour eux à être ouverts », a déclaré la présidente de l’exécutif européen, Ursula von der Leyen, lors d’une conférence de presse.

Bloquer les exportations

« Nous voulons voir de la réciprocité et de la proportionnalité dans les exportations, et nous sommes prêts à recourir à toutes les options […] pour nous assurer que l’Europe reçoive sa juste part », a-t-elle martelé. « Si la situation ne change pas, nous devrons avoir une réflexion sur les exportations vers les pays producteurs de vaccins, en fonction de leur niveau d’ouverture », a insisté la dirigeante.

Depuis la mise en œuvre fin janvier d’un mécanisme de contrôle qui impose aux exportateurs de vaccins de recevoir un feu vert préalable des autorités, l’UE a approuvé plus de 300 demandes d’exportation, pour 41 millions de doses vers 33 pays. Seul un acheminement de 250.000 doses vers l’Australie a été bloqué.

Le Royaume-Uni critiqué

Ursula von der Leyen a nommément visé le Royaume-Uni, où deux sites produisent le vaccin AstraZeneca, massivement employé dans ses campagnes de vaccination. Or, dans le cadre de ces autorisations, l’UE a exporté quelque neuf millions de doses vers le Royaume-Uni entre le 1er février et le 9 mars, selon des chiffres européens, soit environ un tiers du total des doses administrées à cette date aux Britanniques.

« Nous attendons toujours de voir des doses (d’AstraZeneca) venir du Royaume-Uni. Nous invitons (Londres) à nous montrer qu’il peut également y avoir des vaccins exportés depuis le Royaume-Uni vers l’UE, de telle sorte qu’il y ait réciprocité », a insisté la chef de la Commission européenne. Charles Michel, président du Conseil européen, avait vivement fustigé le Royaume-Uni la semaine dernière pour n’exporter de facto aucun vaccin vers le continent. Londres s’était défendu en niant avoir imposé une interdiction formelle d’exportation.