Coronavirus : L'OMS se réunit ce mardi pour étudier la sûreté du vaccin AstraZeneca

VACCINATION Lundi, par précaution, sept Etats européens ont suspendu l’administration du vaccin du laboratoire suédo-britannique AstraZeneca

20 Minutes avec AFP

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OMS — Salvatore Di Nolfi/AP/SIPA

La sûreté du vaccin AstraZeneca contre le coronavirus, suspendu par plusieurs pays européens inquiets d’éventuels effets secondaires sérieux, va être examinée, ce mardi, par les experts de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Lundi, par précaution, sept Etats européens (Allemagne, France, Italie, Slovénie, Espagne, Portugal et Lettonie) supplémentaires ont suspendu l’administration du vaccin du laboratoire suédo-britannique AstraZeneca. De graves problèmes sanguins, tels que des difficultés à coaguler ou la formation de caillots (thrombose), ont été observés chez certaines personnes vaccinées. Ils attendent un avis de l’Agence européenne des médicaments (EMA).

«Pas trouvé de rapport entre ces événements et le vaccin»

D’ici là, le Groupe consultatif d’experts de l’OMS sur la vaccination - qui « a examiné les données et est en contact étroit avec l’Agence européenne des médicaments » - se réunit mardi, pour étudier la sûreté du vaccin, a annoncé Tedros Adhanom Ghebreyesus, le directeur général de l’OMS. Mais l’organisation, en première ligne dans la lutte internationale contre la pandémie, préconise d’ores et déjà de continuer de vacciner contre le Covid-19 avec l’AstraZeneca. « Nous ne voulons pas que les gens paniquent et, pour le moment, nous recommandons que les pays continuent de vacciner avec AstraZeneca », a déclaré la cheffe scientifique de l’OMS Soumya Swaminathan.

« Jusqu’à présent, nous n’avons pas trouvé de rapport entre ces événements et le vaccin », a-t-elle ajouté. L’EMA, qui tiendra une « réunion extraordinaire » jeudi sur ce vaccin, a également affirmé que ses avantages l’emportent toujours sur les risques. Les Pays-Bas avaient suspendu dimanche la vaccination avec AstraZeneca, tout comme l’Irlande, après le signalement en Norvège de quatre nouveaux cas graves de caillots sanguins chez des adultes vaccinés. La Norvège avait fait de même la semaine dernière, comme le Danemark, l’Islande et la Bulgarie.

Des accords de production pour Spoutnik V

Le Venezuela n’autorisera pas l’utilisation du vaccin AstraZeneca « en raison des complications » sur des patients vaccinés, a déclaré lundi la vice-présidente Delcy Rodriguez. L’Indonésie a annoncé le report du lancement de sa campagne de vaccination avec AstraZeneca, dans l’attente d’un avis de l’OMS. À l’inverse, la Géorgie ou la Sierra Leone ont lancé leur campagne avec ce vaccin, balayant les craintes d’effets secondaires. Le laboratoire se défend : il y a « des preuves très rassurantes qu’il n’y a pas d’augmentation du phénomène de caillot sanguin ici au Royaume-Uni », a affirmé lundi le professeur Andrew Pollard, directeur du Oxford Vaccine Group qui a développé le vaccin avec AstraZeneca.

Pour le laboratoire, ces déconvenues s’ajoutent à une nouvelle baisse de ses livraisons à l’Union européenne d’ici juin, qu’AstraZeneca a été contraint d’annoncer en invoquant des problèmes d’exportations. La Russie a de son côté annoncé avoir trouvé des accords de production pour son vaccin Spoutnik V « avec des sociétés d’Italie, d’Espagne, de France et d’Allemagne », dans l’attente de son homologation dans l’UE.