Birmanie : L’émissaire de l’ONU dénonce un « bain de sang » et en appelle à la communauté internationale

CRISE Au moins 18 personnes sont mortes dimanche dans des manifestations contre le coup d’Etat militaire

20 Minutes avec AFP

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Des heurts à Bago en Birmanie, le 8 mars 2021.
Des heurts à Bago en Birmanie, le 8 mars 2021. — KP/Penta Press/Shutterstock/SIPA

C’est un week-end sanglant qui vient de s’écouler en Birmanie. L’émissaire de l’ONU pour ce pays en proie à un coup d’Etat militaire a « vigoureusement » dénoncé « le bain de sang » en cours, où au moins 18 personnes sont mortes dimanche dans des manifestations contre la junte.

« La communauté internationale, et notamment les acteurs régionaux, doivent s’unir en solidarité avec le peuple birman et ses aspirations démocratiques », a ajouté dans un communiqué Christine Schraner Burgener.

Violences et torture de prisonniers

La diplomate a précisé avoir reçu « personnellement de la part de contacts en Birmanie des comptes-rendus bouleversants sur des meurtres, des violences contre les manifestants, et la torture de prisonniers pendant le week-end ». « Les militaires défient les appels internationaux à la retenue », a-t-elle regretté, en estimant que ces « brutalités […] fragilisaient grandement toute perspective de paix et de stabilité » dans le pays.

Mme Schraner Burgener a assuré rester « en contact étroit » avec les dirigeants régionaux et les membres du Conseil de sécurité et « compter sur leur soutien continu à ses efforts pour calmer la situation ».

Le Conseil de sécurité de l’ONU a « fermement » condamné mercredi les violences contre les manifestants birman dans une déclaration adoptée à l’unanimité des 15 membres, donc également par la Chine et la Russie, des alliées traditionnelles des généraux birmans.

Répression continue

Le gouvernement civil de la Ligue nationale pour la démocratie (LND) d’Aung San Suu Kyi a été renversé par les militaires le 1er février​ et la lauréate du Nobel de la paix emprisonnée.

Depuis, des manifestations se poursuivent quotidiennement pour réclamer le retour de la démocratie et sa libération. Elles sont durement réprimées par les forces de l’ordre qui, selon un groupe local qui comptabilise les victimes, ont fait plus de 80 morts au total.