Ouïghours : Les stérilisations forcées et les détentions massives sont « attestées », affirme Paris

DROITS HUMAINS Des rapports affirment qu’au moins un million de Ouïghours ont été internés dans des « camps » au nord-ouest de la Chine

20 Minutes avec AFP
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Jean-Yves Le Drian, le 22 février 2021 à Bruxelles.
Jean-Yves Le Drian, le 22 février 2021 à Bruxelles. — AFP

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a déclaré ce mercredi que les « stérilisations forcées » et les « détentions massives » de Ouïghours dans des camps chinois étaient « attestées », ce que Pékin réfute.

« Les stérilisations forcées, les abus sexuels dans les camps, les disparitions, les détentions massives, le travail forcé, la destruction du patrimoine culturel à commencer par les lieux de culte, la mise sous surveillance de la population, tout cela est attesté », a-t-il dit au Sénat. Selon des études d’instituts américains et australien, au moins un million de Ouïghours, minorité turcophone et majoritairement musulmane, ont été internés dans des « camps » du Xinjiang (nord-ouest).

« Vigilance » pour les entreprises françaises

Les autorités chinoises affirment avoir construit des « centres de formation professionnelle » pour aider la population et l’éloigner de l’extrémisme, dans cette région sous très haute surveillance après des attentats islamistes. Le chef de la diplomatie française a une nouvelle fois demandé qu'« une mission impartiale, indépendante et transparente d’experts internationaux puisse se rendre au Xinjiang le plus vite possible sous la responsabilité de la Haute-Commissaire de l’ONU aux droits humains, Michelle Bachelet ».

Il a aussi redemandé la « plus grande vigilance » aux entreprises françaises face aux risques « d’atteintes graves aux droits fondamentaux » des Ouïghours dans les usines chinoises qui les emploient. La France « entend bien faire respecter » l’engagement pris par la Chine de souscrire à la convention de l’Organisation internationale du travail (OIT) contre le travail forcé lors de la conclusion de l’accord controversé sur les investissements avec l’UE en décembre, a insisté Jean-Yves Le Drian. Le 24 février, le ministre français avait dénoncé un « système de répression institutionnalisé » de la Chine à l’encontre des musulmans ouïghours lors d’une intervention devant le Conseil des droits humains de l’ONU.