Sénégal : Un mouvement de contestation appelle à « descendre massivement dans la rue » pendant trois jours

OPPOSITION Plusieurs jours de violences désormais opposent les forces de l'ordre et des groupes de jeunes réclamant la libération de l'opposant Ousmane Sonko

20 Minutes avec AFP

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Sénégal : Un mouvement de contestation appelle à « descendre massivement dans la rue » pendant trois jours
Sénégal : Un mouvement de contestation appelle à « descendre massivement dans la rue » pendant trois jours — AFP

Le Mouvement de défense de la démocratie, qui regroupe des opposants au président Macky Sall, a appelé samedi les Sénégalais « à descendre massivement dans les rues », « pendant trois jours à compter du lundi 8 mars ». Cet appel lancé lors d’une conférence de presse à Dakar survient après plusieurs jours de violences opposant les forces de l’ordre et des groupes de jeunes réclamant la libération de l’opposant Ousmane Sonko, troisième de la présidentielle de 2019 et pressenti comme un des principaux concurrents de celle de 2024

Le collectif de contestation, qui regroupe des partis politiques, dont le parti de Ousmane Sonko, Pastef-Les Patriotes, des associations et des membres de la société civile, réclame « la libération immédiate de tous les prisonniers politiques illégalement et arbitrairement détenus » et le « respect du droit de manifester ».

Ousmane Sonko cri au complot

Au moins quatre personnes ont été tuées au cours de scènes de guérilla urbaine opposant les forces de l’ordre et des groupes de jeunes réclamant la libération de l’opposant, dont l’arrestation a libéré une exaspération accumulée devant la dureté des conditions de vie.

Ousmane Sonko a été arrêté officiellement pour trouble à l’ordre public, alors qu’il se rendait en cortège au tribunal où il était convoqué pour répondre à des accusations de viol portées contre lui par une employée d’un salon de beauté dans lequel il allait se faire masser pour, dit-il, soulager ses maux de dos. Personnalité au profil antisystème, le député crie au complot ourdi par le président Macky Sall pour l’écarter de la prochaine présidentielle.

La Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) a condamné samedi les violences survenues ces derniers jours au Sénégal, appelant « toutes les parties à la retenue et au calme ». Vendredi soir, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres s’était dit « très préoccupé » et a appelé « à éviter une escalade ».

Les tensions, dans un pays habituellement considéré comme un îlot de stabilité en Afrique de l’Ouest, se sont intensifiées sans perspective apparente d’apaisement, la justice ayant maintenu Ousmane Sonko en garde à vue.