Belgique : Van Acker et Lacote, surnommé le « couple diabolique », de retour devant la justice après vingt ans de cavale

PROCES Hilde Van Acker et Jean-Claude Lacote sont accusés de la mort de Marcus Mitchel, tué en 1996

20 Minutes avec AFP

— 

Hilde Van Acker et Jean-Claude Lacot à Bruges vendredi matin.
Hilde Van Acker et Jean-Claude Lacot à Bruges vendredi matin. — KURT DESPLENTER / BELGA / AFP

Ils avaient été arrêtés fin 2019 à Abidjan après une cavale de plus de vingt ans. Le procès d’une Belge et d’un Français d’origine ivoirienne, accusés du meurtre d’un homme d’affaires britannique en Belgique en 1996, s’est ouvert ce vendredi à Bruges. Hilde Van Acker et Jean-Claude Lacote, qui ont aujourd’hui 57 et 54 ans, se sont présentés en début de matinée dans le box de la cour d’assises de la cité flamande. Surnommés à l’époque par les médias le « couple diabolique », ils ont toujours nié le meurtre, dont le mobile n’a jamais vraiment été éclairci, un homicide à connotation mafieuse possiblement lié à un trafic d’armes ou de drogue, d’après la presse.

Le procès doit durer une dizaine de jours, le premier étant consacré à la lecture de l’acte d’accusation. Le 28 mai 1996, le corps de Marcus Mitchell, 44 ans, tué de deux balles dans la tête, est retrouvé par des enfants dans une zone boisée de la station balnéaire belge du Coq (De Haan en flamand). Ce ressortissant britannique travaille dans le secteur de l’avionique. Les enquêteurs découvrent rapidement qu’il a été en contact régulier peu avant sa mort avec une dénommée « Hilde » et un certain « John », un des nombreux surnoms utilisés par Jean-Claude Lacote.

La famille de Marcus Mitchell partie civile

D’après l’accusation, la relation s’envenime quand Marcus Mitchell se rend compte qu’il a été escroqué après avoir prêté à Marcus Lacote 240.000 livres sterling en échange de la promesse d’une « affaire lucrative » à l’étranger. Arrêtés le 2 juin 1996 à l’aéroport de Charleroi, les deux suspects ont rapidement bénéficié d’une remise en liberté sous conditions la même année. Et si Hilde Van Acker a été réincarcérée trois mois en Belgique en 1999, d’après l’agence Belga, tous deux ont ensuite échappé pendant vingt ans à la justice belge.

La trace de Jean-Claude Lacote a été retrouvée en Afrique du Sud en 2007, quand il a été mêlé à une affaire d’enlèvement et brièvement incarcéré, avant de s’évader. Le couple, qui se dit aujourd’hui séparé, est finalement arrêté fin novembre 2019 à Abidjan par la gendarmerie ivoirienne. Condamnés en leur absence, en 2011 à Bruges, à la prison à perpétuité, Hilde Van Acker et Jean-Claude Lacote ont souhaité être rejugés, comme le leur permet la loi belge.

Prévue initialement en novembre, l’audience avait été reportée à cause de la deuxième vague de la pandémie de coronavirus. Après l’interrogatoire des accusés, prévu lundi, la cour doit appeler à la barre une cinquantaine de témoins. Contrairement au procès de 2011, la veuve et les trois fils de Marcus Mitchell se sont portés parties civiles mais ne devraient toutefois pas venir témoigner, selon un de leurs avocats, Me Thibaud Delva.

Europe: les fugitifs les plus recherchés réunis sur un site internet