Coronavirus au Brésil : Le président Bolsonaro demande à son peuple « d’arrêter de geindre »

POLEMIQUE Cette déclaration survient alors que le Brésil déplore près de 260.000 morts et traverse sa semaine la plus meurtrière depuis le début de la pandémie

20 Minutes avec AFP

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Le président Jair Bolsonaro a appelé les Brésiliens à
Le président Jair Bolsonaro a appelé les Brésiliens à — Fotoarena/Sipa USA/SIPA

Une énième provocation. « Arrêtez de geindre ! », a lancé jeudi le président Jair Bolsonaro à la population. Le chef d’Etat d’extrême droite qui minimise la crise du coronavirus et s’oppose au confinement a également fustigé les mesures prises par de nombreuses villes pour faire face à la flambée de l’épidémie.

« Ca suffit avec ces histoires (…) vous allez pleurer jusqu’à quand ? », a poursuivi en inaugurant un tronçon ferroviaire dans l’Etat du Goais (centre-ouest) Jair Bolsonaro, qui a été très critiqué pour son manque d’empathie dans ce drame humain.

« Jusqu’à quand allez-vous rester à la maison ? »

« Nous regrettons les morts », a-t-il toutefois ajouté, « mais où va le Brésil ​si on arrête tout ? » « Jusqu’à quand allez-vous rester à la maison, jusqu’à quand tout va-t-il rester fermé ? », a-t-il poursuivi alors que de nombreuses villes ont annoncé cette semaine dans l’urgence couvre-feux, fermeture précoce des restaurants et bars ou des activités non-essentielles afin de contenir la flambée de Covid-19.

« Personne ne supporte plus ça », a-t-il conclu. Rio de Janeiro a été, jeudi, l’une des dernières grandes villes à décréter la fermeture des bars et restaurants dès 17h, l’interdiction de toute vente ambulante sur les plages et la circulation des personnes de 23h à 5h.

Les hôpitaux au bord de l’effondrement

Depuis le début de la crise qui fait du Brésil le deuxième pays le plus endeuillé après les Etats-Unis, Jair Bolsonaro a livré un bras de fer aux gouverneurs qui souhaitaient restreindre l’activité, les accusant de saper l’économie. Il s’est particulièrement opposé à celui de Sao Paulo, Joao Doria, un rival politique, qui a annoncé mercredi le retour de son Etat -locomotive économique du Brésil- dans la « phase rouge », avec une suspension de toutes les activités non-essentielles pour deux semaines, à partir de samedi.

Avec des records de morts quotidiens, des hôpitaux au bord de l’effondrement et une campagne vaccinale menée au rythme de l’escargot, le Brésil affronte le moment le plus violent de la pandémie sans aucune stratégie nationale.