Nucléaire iranien : Les Européens abandonnent leur résolution contre l’Iran soumise à l’AIEA

ENERGIE Plusieurs pays dont la France avaient condamné la décision de Téhéran de suspendre certaines inspections de son programme nucléaire

20 Minutes avec AFP

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Les Européens ont finalement décidé de ne pas soumettre la résolution contre l'Iran qu'ils avaient annoncé au Conseil des gouverneurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). (illustration avec le président iranien Hassan Rohani )
Les Européens ont finalement décidé de ne pas soumettre la résolution contre l'Iran qu'ils avaient annoncé au Conseil des gouverneurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). (illustration avec le président iranien Hassan Rohani ) — /AP/SIPA

Retournement de situation. Alors qu’ils avaient annoncé au Conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) une résolution contre l’Iran, plusieurs pays européens ont finalement décidé de ne pas la soumettre au vote, a-t-on appris jeudi de sources diplomatiques. Appuyé par les Etats-Unis, ce texte de l’Allemagne, de la France et de la Grande-Bretagne condamnait la décision de Téhéran de suspendre certaines inspections de son programme nucléaire.

« Nous laissons du temps à la diplomatie. Des initiatives ont été lancées par M.Grossi » et l’Iran a fait preuve d'« un peu » de bonne volonté, ont expliqué des diplomates basés à Vienne, tandis que l’AIEA annonçait une conférence de presse de son directeur général, Rafael Grossi, à 12h heure locale (11h GMT). Ces derniers n’ont pas souhaité donner plus de détails à ce stade.

Suspension de la production d’uranium métal

Le journal iranien ultraconservateur Vatan-é Emrouz a écrit mardi, sans citer de source, que le président Hassan Rohani avait donné l’ordre de suspendre la production d’uranium métal dans l’usine d’Ispahan (centre). Le gouvernement n’a pas démenti ces informations.

L’Iran avait annoncé en février avoir débuté la production d’uranium métal pour alimenter son réacteur de recherche à Téhéran, dépassant ainsi les limites fixées par l’accord nucléaire de 2015.

Téhéran exige une levée des mesures punitives

Le sujet est sensible car cette matière peut être utilisée dans la fabrication d’armes nucléaires, même si la République islamique a toujours nié vouloir se doter de la bombe. Le « plan d’action global commun », communément désigné par son acronyme anglophone JCPOA, ne tient plus qu’à un fil depuis le retrait américain en 2018 à l’initiative de Donald Trump, et le rétablissement des sanctions.

Le nouvel hôte de la Maison Blanche, Joe Biden, a promis de revenir dans son giron « si » l’Iran respectait à nouveau le contrat. Mais à l’inverse Téhéran, qui exige au préalable une levée des mesures punitives qui asphyxient son économie, a franchi ces dernières semaines un nouveau cran dans son désengagement du JCPOA (passage à un niveau d’enrichissement d’uranium de 20 %, production d’uranium métal et limitation des inspections).