Australie : Démission du président du géant minier Rio Tinto après la destruction d'un site aborigène

MEA CULPA Le site détruit était vieux de 46.000 ans

20 Minutes avec agences

— 

La mine Mount Tom Price appartenant à Rio Tinto
La mine Mount Tom Price appartenant à Rio Tinto — Rafael Ben Ari/Newscom/SIPA

Le président du géant minier Rio Tinto, Simon Thompson, a annoncé ce mercredi sa démission. Celle-ci fait suite à un scandale provoqué par la destruction par le groupe d’un site historique de la communauté aborigène en Australie.

L’émoi suscité par ce dynamitage dans l’Etat d’Australie Occidentale de la grotte de Juukan Gorge, un site vieux de 46.000 ans considéré comme sacré par les peuples Puutu Kunti Kurrama et Pinikura (PKKP), avait déjà conduit à la démission en septembre du patron de Rio Tinto, le Français Jean-Sébastien Jacques, et de deux autres hauts dirigeants.

Tristesse et regret

Simon Thompson a noté que les succès engrangés par le groupe en 2020, qui l’ont conduit à verser un dividende record aux investisseurs, ont été « éclipsés » par le scandale. « En tant que président, je suis au final responsable des manquements qui ont conduit à cet événement tragique », a-t-il dit dans un communiqué.

Simon Thompson indique qu’il ne se représentera pas lors de l’assemblée générale prévue en 2022 et qu’une période de transition sera mise en place en attendant la désignation d’un successeur. Il a qualifié la destruction du site de « source de tristesse personnelle et de profond regret, ainsi que de violation flagrante des valeurs de notre entreprise ».

Un site sacré par les peuples PKKP

L’entreprise souhaitait, grâce au dynamitage, agrandir une mine de minerai de fer. Avant l’opération, avalisée par les autorités de l’Etat, les PKKP disent avoir « alerté » sur le fait que les explosifs détruiraient des formations rocheuses historiques, et que Rio Tinto aurait pu protéger le site. Considéré comme sacré par les PKKP, il abritait plusieurs objets aborigènes parmi les plus anciens retrouvés en Australie.

Une enquête parlementaire a recommandé, fin 2020, que le groupe anglo-australien dédommage les PKKP, reconstruise le site détruit et s’engage à respecter un moratoire permanent en matière d’exploitation minière dans la région. Un rapport préliminaire avait également conseillé à toutes les compagnies exploitant des mines en Australie Occidentale de revoir les accords passés avec les propriétaires terriens autochtones et de mettre fin à toute destruction planifiée des sites patrimoniaux jusqu’à la mise en place de protections juridiques renforcées..